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13 Septembre 2017

L’alternance démocratique est-elle possible en RDC ?

 

La carte du Congo-Kinshasa

La question taraude plus d’un Congolais. C’est en tous cas le souhait du peuple Congolais qui, après deux mandats calamiteux du président Kabila, rêve d’un changement radical de la gouvernance actuelle.

A cet égard, la prise de position de l’épiscopat catholique reflète, il faut le reconnaître au moins 70% de l’opinion nationale, l’activisme des mouvements citoyens pour le changement ainsi que les manifestations des partis politiques de l’opposition vont tous dans le sens d’aboutir à l’aggiornamento de l’espace politique congolais.

Cependant les Congolais ne doivent pas croire que l’alternance démocratique tant souhaitée est déjà « acquise » et l’attendre béatement comme la manne qui tomberait du ciel ! Ce serait méconnaître les dures réalités de la politique.
En effet, la majorité au pouvoir n’entend pas s’en laisser conter. Combien de fois n’a-t-elle pas répété que le combat politique ne vise pas que la conquête du pouvoir mais aussi et surtout sa conservation et elle a juré et jure toujours de conserver ce pouvoir.

A ce sujet, il n’est pas anodin de rappeler ce que déclarait l’ancien Président Gabonais, feu Omar Bongo lorsqu’il disait : « si tu organises une élection (en Afrique) et que tu la perds, c’est que tu es un imbécile ». C’est tout dire ! Lorsqu’on examine la plupart des élections qui ont été organisées dans les pays africains singulièrement ceux au sud du Sahara, rares sont les Chefs d’Etat qui les ont perdues (cas du Gabon, du Congo-Brazza, du Rwanda et tout récemment de l’Angola).

Pour réussir leur « coup », les chefs d’Etat n’attendent pas que ces élections aient lieu. Bien avant, ils prennent soin de verrouiller tous les mécanismes qui y conduisent.

La première chose à faire est de se constituer une majorité, fut elle factice, au Parlement pour s’assurer du vote de certaines lois « sensibles » voire la révision de la Constitution, du vote du budget et du contrôle du gouvernement.
Vient ensuite la mise en place d’un Gouvernement composé en grande partie des membres de la majorité au pouvoir et des alliés. Par ce biais, le pouvoir dispose de l’administration, de la police, de la sécurité et surtout des finances qui constituent le nerf de la guerre.

En troisième lieu intervient l’installation d’une Cour Constitutionnelle ou d’une institution semblable « aux ordres » avec pour mission d’orienter le contentieux électoral et de régler certaines questions délicates d’ordre institutionnel (prolongement du mandat controversé du Président de la République).

Cette Cour ou institution est composée en majorité des personnes triées sur le volet, fidèles au pouvoir, déjà motivés et prêtes à renvoyer l’ascenseur à ceux qui les ont nommées.

Comme dernier élément du verrou, il y a la Commission électorale dite « indépendante ». C’est la structure chargée de l’organisation matérielle des élections. A la tête de celle-ci trône un président désigné généralement par la « société civile ». En réalité, c’est la main du pouvoir qu’on retrouve à travers cette désignation. La Commission électorale dite « indépendante » dépendant pour son fonctionnement du budget de l’Etat notamment pour la prise en compte de ses animateurs ne peut que s’aligner sur la main qui la nourrit.
Il importe de noter que toutes les stratégies ci-dessus décrites s’opèrent sous le couvert des lois régulièrement votées par le Parlement, lesquelles leur (stratégies) confèrent toutes les apparences de la légalité alors que c’est la malignité, la fraude et la mauvaise foi qui en sont les soubassements.

Ainsi, lorsque ces chefs d’Etat africains disposent entre leurs mains de tous les verrous sus évoqués, rien ni personne ne peuvent venir gêner leur boulimie du pouvoir.

Qu’en est-il de la République Démocratique du Congo ?

A examiner comment les choses se passent dans notre pays, on se rend compte que le pouvoir actuel s’est inscrit dans le schéma de la conservation du pouvoir et ne s’en cache pas. Pour lui, le décor est déjà planté pour sa 3ème victoire aux prochaines élections que le président Kabila se représente ou pas. Il suffit à cet égard d’entendre parler ceux qu’on appelle « les communicateurs de la majorité présidentielle » avec quelle arrogance ils exposent leur certitude de remporter les prochains scrutins.

Que le peuple Congolais ne se fasse donc plus d’illusions pour croire qu’il aura l’alternance démocratique désirée. Les dés étant déjà pipés, il ne pourra rien sortir après les fameuses élections attendues (si jamais elles sont organisées) sino le statu quo.

Au peuple Congolais donc de se décider sur son sort.

Kamulete Ndjonga, Analyste politique
© Congoindépendant 2003-2017

 

2 Réactions

Elili [dibangu@hotmail.com] 14/09/2017 06:40:35
Chers Compatriotes,
L?alternance démocratique est possible au Congo. Mais ici, nous avons un problème, c?est le fait que le président fin mandat garde la langue de bois concernant sa représentation ou non en tant que candidat pour les prochains scrutins présidentiels. La Constitution ne lui permet pas un troisième mandat. Il garde silence, alors que tout le monde souhaite publiquement son départ à cause de son bilan qu?il est seul et son parti à défendre. Mais ne nous berçons pas d?illusions. Imaginez qu?il existe une opposition au Congo, est une attitude qui ne peut s?expliquer actuellement. A chacun son point de vue. S?imaginer que cette opposition peut gagner les élections, rien n?est, à mes yeux, moins sûr. Chacun peut y aller de sa propre réflexion. Penser aussi que cette opposition, une fois au pouvoir travaillerait au profit de la population congolaise, c?est encore une illusion à ce niveau. Que Dieu nous vienne en aide.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 14/09/2017 09:25:52
Cher Monsieur,

Contrairement à vous, je crois que ??l?alternance démocratique?? est bien possible en RDC. D?ailleurs, c?est ce qui risque d?arriver. Car voyez-vous, si demain,vous mettez quelqu?un du RASSOP au pouvoir et qu?on continue avec le même système de gouvernance, ce serait l?alternance, par défaut.

Pensiez-vous plutôt à ??Alternative?? ? Ce qui est autre chose. Comme par exemple, remplacer le système de gouvernance actuelle par un autre. Par exemple celui conceptualisé et prôné par notre frère Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo.

L?alternative démocratique est-elle possible en RDC ?


 

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