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10 Aoűt 2017

Crise de régime :

Kinshasa : Des adeptes de « BDM » accusés de «tentative de coup d’Etat»

 

Des présumés adeptes de Bundu dia Mayala présentés mercredi 9 août à Kinshasa. Capture d’écran TV5 Monde

Le porte-parole de la police nationale congolaise s’est livré, mercredi 9 août, à son «show» devenu rituel. Des présumés adeptes du mouvement politico-religieux «Bundu dia Mayala» ont été présentés au grand public. Prévu le mardi 8, la cérémonie a eu lieu finalement le mercredi. Lieu : Inspection générale de la police nationale. Arrêtés lors des manifestations violentes qui ont secoué les villes de Kinshasa et de Matadi, 31 personnes, dont trois femmes, sont accusées de «tentative de coup d’Etat». Un comble quand on sait qu’un
«putsch» implique nécessairement la participation des militaires. Où sont-ils ? «Le Congo-Kinshasa a atteint le fond de l’abîme», estime un universitaire kinois.

En présence du ministre de l’Intérieur et sécurité, le PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, et de son collègue en charge de la Défense nationale, Crispin Atama Tabe, 31 présumés assaillants étiquetés Bundu dia Mayala ont été exhibés au public.

Comme à l’accoutumée, ce spectacle s’est déroulé au mépris non seulement de la présomption d’innocence mais aussi du respect de la dignité de la personne humaine. Au nom de quel principe, peut-on exhiber des êtres humains dont la culpabilité est loin d’être établie?

« Tentative de coup d’Etat»

Dans son rôle de «maître de cérémonie», le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police, a déclaré que ces personnes voulaient «renverser» les institutions en place. Sans attendre qu’un magistrat ait pu examiner les indices matériels pour qualifier les faits, cet officier s’est empressé de parler de
«tentative de coup d’Etat».

C’est quoi donc un coup d’Etat ? «Prise illégale et brutale du pouvoir par l’armée ou par une autorité politique bénéficiant de son soutien», peut-on lire dans le «Lexique de science politique» édité par Dalloz. «Action de force contre les pouvoirs publics exécutée par une partie des gouvernants ou par des agents subordonnés, notamment des militaires qui vise à renverser le régime établi», indique, pour sa part, le «Lexique des termes juridiques » du même éditeur. Dans les deux définitions, la participation des militaires constitue une condition essentielle.

Lundi 7 août, les Kinois n’ont aperçu aucun char dans les rues. Ils n’ont pas non plus des hommes munis de Kalachnikovs ou de lance-roquettes. Pas l’ombre d’un soldat parmi les adeptes de l’ex-Bundu dia Kongo qui arboraient leur fameux bandeau rouge.

Le colonel Mwanamputu n’a cure de tous ces «détails». L’homme ne croit qu’en ses propres affabulations. Pour lui, les fameux assaillants « devaient attaquer le Quartier Binza-Pigeon » où se trouve le Centre d’émission de la RTNC. Ils devaient, par la suite, « attaquer simultanément l’aéroport international de Ndjili et le siège de la Radio-télévision nationale congolaise ».

Mwanamputu qui ne manque pas de cynisme a donné un « bilan provisoire » des affrontements entre les supposés membres de BDM et des policiers : 19 morts, « par balles perdues ». La précision est du porte-parole de la police. Il a fait, par ailleurs, état de 7 blessés. Un officier de policier a été lynché.

Gri-gris

Dans un enregistrement vidéo réalisé probablement le 25 juin dernier, le député national Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, avait prévenu que son mouvement allait « attaquer » le 7 août. Objectif : chasser « Hippolyte Kanambe » [Ndlr : « Joseph Kabila »] du pouvoir. Les « 3.000 Rwandais » présents au Congo-Kinshasa étaient invités à quitter le pays. "Le Congo aux Congolais", pouvait-on lire sur les banderoles déployés lundi. Sans émouvoir les policiers.

Lors de la présentation des suspects, aucune arme de guerre n’a été exhibée. En lieu et place, on a vu quelques gri-gris et des bâtons déposés au sol. Ne pouvant présenter Ne Muanda Nsemi en chair et en os, les «metteurs en scène» de la police nationale ont exposé les effigies et autres posters du gourou du BDM.

Quarante-huit heures après cette «attaque» annoncée, Ne Muanda Nsemi reste étrangement silencieux. D’aucuns le suspectent, à tort ou à raison, d’être manipulé avec le pouvoir kabiliste.

A Boma, des observateurs ont été surpris par la «convivialité» qui régnait entre les «puschistes» de BDM et les forces de l’ordre. Aucun incident n’a été enregistré.

Porte-parole de Moïse Katumbi – candidat déclaré à l’élection présidentielle -, le G7 Olivier Kamitatu Etsu n’a pas dit autre chose, mercredi, sur les antennes de Radio Okapi.

Pour lui, les échauffourées de lundi ne constituent ni plus ni moins qu’une
«mascarade». A l’appui de sa thèse, il ajoute : « «Nous avons très bien vu des images [Ndlr : à Boma] des manifestants qui étaient encadrés avec une collaboration tout à fait actée des forces de l’ordre ; une manifestation pourtant qui était annoncée sur mode de violences par Bundu dia Mayala ».

Kamitatu d’estimer que c’est le pouvoir kabiliste qui multiplie des points chauds. Une manière de planter «le décor d’un état d’urgence qu’on veut préparer pour empêcher la RDC d’aller vers les élections ».

« Attitude velléitaire »

Porte-parole de la Mission onusienne au Congo, Fabienne Pompey a usé de la
«langue de bois diplomatique» en soulignant l’importance d’une «réponse proportionnée» des forces de l’ordre face aux manifestants.

Dans un communiqué de presse publié 48 heures avant ces affrontements, le Rassemblement des forces politique et sociale acquises au changement avait prévenu que le « pays est soumis aujourd’hui par Joseph Kabila au règne des armes ». La coalition politique, née en juin 2016 à Genval, répondait au vice-ministre de l’Intérieur Basile Olongo. Celui-ci a prétendu que l’UDPS compterait des miliciens Kamuina Nsapu en son sein.

Interrogé dans la soirée de mercredi par l’auteur de ces lignes, un professeur de l’université de Kinshasa a eu ces mots sur la situation générale : «On assiste à une crise de régime. On a rarement vu une telle méfiance entre les gouvernants et les gouvernés. Le pays est devenu ingouvernable. Personne n’a la recette pour sortir de cette situation ».

Selon notre interlocuteur, tous les agents de l’Etat n’auraient pas perçu de salaire depuis deux mois. Les professeurs d’université compris. Il se dit stupéfait par « l’attitude velléitaire » de la population congolaise.

Revenons à Bundu dia Mayala. On n’espère que les autorités judiciaires auront à coeur d’organiser un procès public pour faire éclater toute la vérité sur la "tentative de putsch" imputée aux adeptes de l’ex-BDK.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

8 Réactions

Elomne [Odimba@hotmail.fr] 10/08/2017 03:38:15
Tout ceci est pathétique, l?œuvre des amateurs. Mwanamputu n?est qu?un aventurier, un zélateur accroché aux prébendes. Pauvre Congo.



Muyele [Muyeletango@yahoo.com] 10/08/2017 04:37:39
"Quarante-huit heures après cette «attaque» annoncée, Ne Muanda Nsemi reste étrangement silencieux".

Oui, c?est normale puisque dans son dernier message, il avait promis de passer par KIGALI après sa fameuse opération NE MUANDA NSEMI VA FRAPPER pour remercier nos voisins.

le coup n?ayant pas réussit, probablement qu?il y est allé demander l?Asile comme Laurent Nkunda après sa défaite.

Si nous ne faisons pas très attention, l?opération Ne Muanda Nsemi va frapper risque de déstabiliser Kinshasa et le Congo Centrale dans les mois à venir comme le phénomène Kamuina Nsapu dans le Kassai.

Penser que les amendes des noix de palme peuvent se transformer en bombe de défragmentation en plein 21 ème siècle, rend le peuple Congolais très RIDICULE à travers le monde. Une manifestation a été même organiser par la diaspora Congolaise dernièrement à Bruxelles pour soutenir cette action. C?est pour vous dire que les congolais ne savent plus à quel Saint se voués.

Muyele Tango





Elili [dibangu@hotmail.com] 10/08/2017 05:19:52
Chers Compatriotes,
J?ai comme l?impression que notre peuple a une mémoire courte, même pour les faits qui n?ont pas dix ans. Le Raïs est au pouvoir pour avoir utilisé les moyens de l?Etat afin de déposséder le président élu (Je cite l?Archevêque de Kinshasa), de l?imperium. Il est curieux que maintenant, on ne parle que des élections comme si celles-ci n?ont jamais été organisées et comme s?il n?y avait jamais eu 2006, et 2011 avec comme résultat final: "le Raïs au pouvoir sans avoir été élu". Tout devoir d?un peuple pris en otage par un pouvoir illégitime est de lui désobéir et de travailler à sa chute. Quand est-ce que notre peuple comprendra qu?il est en face des criminels sans foi, ni lois et qui ne cherchent qu?une chose : demeurer le plus longtemps au pouvoir pour bénéficier d?une immunité qui leur éviterait un jugement pour les crimes contre l?humanité qui ne sont jamais prescrits. C?est ici que je ne peux pas comprendre le comportement de nos frères congolais qui ont pris le côté du criminel pour ne pas voir ce qui se passe avec leurs compatriotes. Ils se font aussi des complices de ces crimes. Monsieur Tambwe Mwamba doit avoir compris cela, mais il ne sera pas le seul. Les autres ont aussi leur tour. J?espère que nos militaires qui obéissent à des ordres injustes, et immoraux, en répondront aussi un jour. Car, si déjà on ne peut pas tirer sur un combattant désarmé, il est inconcevable que l?on tire sur les enfants, les femmes, et les hommes jeunes et vieux, civils et sans armes. Si cela n?a pas scandalisé la communauté internationale maintenant, il n?est pas dit qu?il en sera toujours ainsi. Nous avons vu ce qui s?est passé avec les Nazi, je crains que cela ne se passe aussi pour les personnages qui brillent actuellement par leurs crimes ignobles. Que Dieu nous vienne en aide.



Bois [djpcp@yahoo.fr] 10/08/2017 08:20:01
Le pouvoir est vraiment aux abois et en manque de stratégies.
Savent-ils ce que cela veut dire coup d?état ? Heureusement BAW, tu leur a rafraîchi la mémoire.
Pourquoi n?ont-ils pas étalé les pancartes et banderoles reprenant le vrai nom de Joseph dit Kabila, à savoir Hyppolite Kanambe ? les pancartes te banderoles sur lesquels étaient marqué clairement " Le Congo aux congolais et le Rwanda aux rwandais " ? Tel était le vrai message qui est passé.
Le vrai coup d?Ă©tat les surprendra et ils ne sauront pas d?oĂą il viendra.
En annonçant la date du 7 août, le message de Ne Muanda Nsemi était clair " rwandais, rentrez dans votre pays, et laissez le Congo aux congolais".
Wait and see !



MUTENDO NEMPUTU [mutendonemputu@yahoo.fr] 10/08/2017 10:06:57
Dommage que le ridicule ne tue pas, dire que ces quelques personnes arrêtées avaient l?intention de faire un coup d?état, c?est à dire s?emparer de l?aéroport et de la radio, est vraiment une aberration digne d?un Etat voyou.



mamale [mamale@live.fr] 10/08/2017 14:27:15
"Oeil pour oeil, dent pour dent", a dit Ne Muanda Nsemi. Cette décision doit s?appliquer de manière rétrospective pour les Bas-congolais gratuitement tués par Kanambe lors du génocide dit "massacres de Bundu dia Kongo", qui suscita l?extrême indignation du compatriote Chebeya au prix de sa propre mort par le même génocidaire.

Le peuple congolais doit faire une labeur d?identification de nos compatriotes présentés comme putshistes par les policiers à la solde des colons rwandais. Leur élimination ou dommage physique ou psychique devra avoir la réponse sans équivoque d?oeil pour oeil, dent pour dent.

A ce propos, j?en appelle à l?institution d?un bureau statistique des morts congolais des mains des rwandais. La guerre légitime avenir du Congo contre ce pays n?aura terminé que dès que se sera accompli "l?oeil pour oeil, dent pour dent". Le temps de soumission par la déplacée idéologie de "non-violence" est révolu.



GERMAIN [flower200980@yahoo.de] 11/08/2017 00:33:37
Ma foi, ce quoi ca comme comedie? En tout ca, notre PIERROT MWANAMPUTU a un job difficile comme presentateur des PUCHISTES ET EVADES DES PRISONS KONGOLAISES.
Dans cette GUERRE MONDIAU DES MENSONGES qui a debute au grand KONGO en 1997 sous le commandement de Chef d?Etat-Major general 15 etoiles des FARDC et commandant en chef des Forces alliees en la personne de RAMBERT OMARANGA MENDE, commandeur de division TSCHAKOU BUKA LOKUTA, je vous assure les 80 millions des kongolais ne gagneront jamais cette fameuse GUERRE MONDIAU DES MENSONGES face aux forces alliees AFDL, APR / FDR ( RWANDA ), UPDF ( UGANDA ), FDN ( BURUNDI ).
Hier, c?etait la presentation des adeptes de KAMUINA NSAPU
Quelques jours apres, la presentation des soi-disant des CASSEURS des prisons.
Aujourd?hui, le ONE-SHOW-MAN PIERROT KUMPUTU, nous exhibe les adeptes de BDM.
On nous exhibe toujours les memes prisonniers de GUERRE dans la meme cour de la PNC sans preau sous un soleil de plomb a 50 degre a l?ombre, sans un verre d?eau bien tapee pour calmer la soif des prisonniers de cette sale GUERRE DES MENSONGES.
Rien a change dans cette scenario a la KINGAKATI, toujours la meme chanson, le meme terrain de presentation des prisonniers de guerre, les memes chaises, les memes acoutrements, les memes babouches, ceux pauvres malheureux sont accuses de tentative de coup d?etat a l?aide de leurs lances pierres, nzika, machettes, fleches, canifs, rasoirs, likwangola, gourdins.
Quelle sorte de GUERRE MONDIAU DES MENSONGES au Kongo? Cette GUERRE MONDIAU DES MENSONGES qui dure deja 20 ans, la fin n?est pas a l?horizon aussi longtemps que KANAMBE HIPPOLYTE sera la.
Un jour, ces memes prisionniers qu?on nous exhibe, jugerons cette clique des TRAITRES dans la meme cour de la PNC. Mais cette fois-la sous un soleil de plomb a 70 degre.
BANA YA KONGO, MUTU AKOSA BINO TE. MUTU AKOKOSA BINO NANO ABOTAMI TE.
WER ZUERST LACHT LACHT DER LETZTE.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 11/08/2017 08:58:49
Elle est bonne, la blague.


 

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