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01 Août 2017

Une erreur reste une erreur

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

“Oui, l’un des meilleurs discours du 20Ăšme siĂšcle Ă©tait nationaliste”, Ă©crit Steve Lela. Heureusement que lui-mĂȘme reconnait avoir des “connaissances limitĂ©es”, ce qui n’empĂȘche ou le pousse Ă  affirmer le plus naturellement qu’en dĂ©pit d’une telle posture, il peut “formuler une certaine analyse pertinente” sur le discours de Lumumba le 30 juin 1960. Seule une Ă©tude comparative permettrait Ă  ce qu’un discours soit considĂ©rĂ© comme l’un des meilleurs dans un cadre bien dĂ©terminĂ© de domaine, de temps et d’espace. On a beau parcourir le texte de Lela, on n’y dĂ©couvre aucun corpus des discours prononcĂ©s au cours du 20Ăšme siĂšcle. Aucun cadre limitĂ© de tels discours. Pas la moindre analyse comparative. Rien que cet aspect dans la mĂ©thodologie disqualifie son affirmation grandiloquente qui devient ainsi gratuite et sans valeur.

Steve Lela se pose la question de savoir ce qu’il aurait pu faire ou dire s’il Ă©tait Ă  la place de Lumumba. A la place de Lumumba avec les connaissances requises en matiĂšre de protocole dans les relations entre Etats ? A la place de Lumumba au regard de nos us et coutumes face Ă  un invitĂ© de marque lors d’une fĂȘte ? A la place de Lumumba avec le recul du temps et surtout les leçons apprises de la trajectoire congolaise depuis l’indĂ©pendance ?

Dans son discours, Lumumba affirme que notre indĂ©pendance Ă©tait conquise par “la lutte [
], une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idĂ©aliste, une lutte dans laquelle nous n’avons mĂ©nagĂ© ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang”. Cependant, les historiens sont unanimes Ă  reconnaitre deux types d’indĂ©pendances africaines : les indĂ©pendances conquises par la lutte, notamment dans les colonies portugaises, et les indĂ©pendances nĂ©gociĂ©es. L’indĂ©pendance du Congo fut nĂ©gociĂ©e. Ceci est un fait, n’en dĂ©plaise au style volontiers Ă©pique de Lumumba. Dans ce contexte, il Ă©tait normal que le Roi des Belges soit invitĂ© aux festivitĂ©s de l’indĂ©pendance. Sur le plan protocolaire, le discours de Lumumba Ă©tait sans conteste une faute grave que ce dernier a reconnue, en prĂ©sentant des excuses le mĂȘme jour. La faute Ă©tait double. Vis-Ă -vis du Roi Baudouin surtout. Mais aussi Ă  l’endroit du PrĂ©sident Kasa-Vubu. MĂȘme au regard des us et coutumes congolaises, Lumumba Ă©tait Ă©galement blĂąmable. Steve Lela et les Congolais de son acabit auraient bien du mal Ă  citer une seule tribu de notre pays oĂč on ne le serait pas en invitant Ă  sa fĂȘte un hĂŽte de marque pour l’humilier de maniĂšre aussi ouverte.

S’adressant aux Congolais qu’il appelle “mes amis”, Lumumba leur demande “de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre [qu’ils garderont] ineffaçablement gravĂ©e dans [leurs] cƓurs, une date dont [ils enseigneront] avec fiertĂ© la signification Ă  [leurs] enfants”. Dans son aveuglement et du haut de sa naĂŻvetĂ© politique et intellectuelle, Lumumba, Ă  l’instar des autres hommes politiques de l’époque, n’avait justement pas compris la signification de cette date. Avec un gouvernement dont tous les membres Ă©taient conseillĂ©s par des ex-colonisateurs y compris Lumumba lui-mĂȘme, avec une administration, une Ă©conomie, une police, une armĂ©e et des services secrets encore contrĂŽlĂ©s par ces derniers, il Ă©tait IMPOSSIBLE au Congo d’ĂȘtre un Etat indĂ©pendant le 30 juin 1960. Cette date, aussi mĂ©morable fut-elle, marquait en rĂ©alitĂ© le dĂ©but d’une pĂ©riode au cours de laquelle les Congolais avaient la possibilitĂ© de conquĂ©rir progressivement leur indĂ©pendance politique et Ă©conomique. Une telle Ɠuvre devait s’étendre sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. Le 30 juin 1960 n’était donc pas le “jour magnifique de notre indĂ©pendance complĂšte et souveraine” que dĂ©crit Lumumba dans son discours.

Par ailleurs, si dans leur culte bĂ©at de l’indĂ©pendance les hommes politiques congolais n’avaient pas rĂ©flĂ©chi Ă  celle-ci et surtout Ă  ses consĂ©quences sur la gouvernance et l’unitĂ© nationale, les ex-colonisateurs, eux, avaient rĂ©flĂ©chi Ă  son impact sur la suite de leurs rapports avec les ex-colonies. Ils avaient acceptĂ© d’octroyer l’indĂ©pendance parce qu’ils Ă©taient conscients que la nouvelle Ăšre qui s’ouvrait, le nĂ©ocolonialisme, Ă©tait plus avantageuse pour eux que la colonisation. En restant dans l’ombre et en tirant les ficelles, ils pouvaient poursuivre allĂšgrement l’exploitation coloniale sans devoir rendre des comptes Ă  qui que ce soit, les dirigeants des ex-colonies manipulables Ă  souhait devenus officiellement les seuls responsables du destin de leurs nations. Mieux, les ex-colonisateurs avaient conçu et mis en place un piĂšge consistant Ă  maintenir intact le cordon ombilical entre ex-mĂ©tropoles et ex-colonies : la coopĂ©ration au dĂ©veloppement. Celle-ci fut saluĂ©e par les tous les dirigeants africains de l’époque. Elle se poursuit prĂšs de six dĂ©cennies plus tard au Congo et ailleurs en Afrique.

Lumumba dresse un rĂ©quisitoire contre les abus de la colonisation : “Nous avons connu le travail harassant, exigĂ© en Ă©change de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vĂȘtir ou de nous loger dĂ©cemment, ni d’élever nos enfants comme des ĂȘtres chers [
]. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous Ă©tions nĂšgres [
]. Nous avons connu que nos terres furent spoliĂ©es au nom de textes prĂ©tendument lĂ©gaux qui ne faisaient que reconnaĂźtre le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la mĂȘme selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres [
]. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs”.

Quelle aurait Ă©tĂ© l’attitude d’un homme politique responsable ? En sa qualitĂ© de Premier Ministre, sa responsabilitĂ© consistait Ă  crĂ©er un environnement favorable pour son pays afin que son programme gouvernemental soit en mesure de corriger les abus dĂ©noncĂ©s. “Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la libertĂ© et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entiĂšre”, clame-t-il. Son tempĂ©rament impulsif l’a poussĂ© Ă  prĂ©cipiter notre pays dans le gouffre. Quand prĂšs de six dĂ©cennies plus tard le destin du Congolais colonisĂ© reste enviable par rapport Ă  celui du Congolais indĂ©pendant, faire sienne ce discours iconoclaste traduit une mĂ©connaissance totale du sens de responsabilitĂ© qui doit rĂ©gner au plus haut niveau de l’Etat.

Lumumba est certes notre hĂ©ros national, mort en martyr. Mais on oublie souvent, hĂ©las, que la notion de hĂ©ros national correspond Ă  l’attribution, Ă  un personnage historique par une communautĂ© nationale, d’un certain nombre de qualitĂ©s et de caractĂ©ristiques qui peuvent ĂȘtre non seulement objectives mais aussi et souvent plus fantasmĂ©es. Quand Lumumba bouscule le protocole et ignore superbement les deux chefs d’Etat prĂ©sents en commençant son discours, en perte de contact total avec la rĂ©alitĂ©, par ces mots : “Congolais et Congolaises, combattants de l’indĂ©pendance aujourd’hui victorieux, je vous salue au nom du gouvernement congolais”, quand il met mal Ă  l’aise l’invitĂ© de marque et le prĂ©sident de la rĂ©publique, il se conduit en fait en vĂ©ritable Gaston Lagaffe, ce personnage de fiction crĂ©Ă© par le dessinateur belge AndrĂ© Franquin en 1957. Un homme qui n’a pas les deux pieds sur terre. Un anti-hĂ©ros par excellence. Le roi incontestĂ© de la gaffe.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
© Congoindépendant 2003-2017

 

13 Réactions

Nkomi Mbuta [nkomimbuta@gmail.com] 01/08/2017 17:38:10
Merci mingi mpangi na munu Mayoyo d? avoir démystifié celui que bon nombre de congolais ont placé sur un piédestal . Ce monsieur n? était qu?un impulsif qui maßtrisait mal ses nerfs et ignorait tout de la politique dont le principe élémentaire était le pragmatisme .



Nono [no2.bay@orange.fr] 02/08/2017 02:10:13
Mayoyo,

Je suis loin d’ĂȘtre de ceux qu’on peut ranger dans les ?fĂ©ffiĂ©s ‘nationalistes’, je tiens souvent ces derniers pour des idĂ©ologues dogmatiques dĂ©nuĂ©s du pragmatisme qui pour moi est plus utile pour le combat pour le changement

En passant je tiens par exemple l’amĂ©ricain Martin Luther King pour l’un des grands tribuns du siĂšcle passĂ© par la forme et le fond, je ne suis pas sĂ»r qu’un ‘blanc bien intentionné’ d’AmĂ©rique ou d’Europe ait des arguments valables pour l?ignorer dans son palmarĂšs me prouvant le contraire avec des arguments valables Ă  son arsenal

C’est dire qu’une analyse prĂ©tendument comparative objectivement souffrira quelque part de ce biais ‘culturaliste’ que seul peut-ĂȘtre le temps dĂ©minera un jour


DĂ©solĂ© ainsi donc, cher Mayoyo, je ne lis chez-vous aucun arguments qui me convainque que le discours de Lumumba le 30 juin 1960 fut une erreur : il fut inĂ©dit, tĂ©mĂ©raire mais utile au point d’ĂȘtre fondateur d’une politique nationaliste que le Congo, l’Afrique et le monde y compris d’ailleurs vous-mĂȘme ont parfois manquĂ© de fructifier dans le fond, Ă©garĂ©s par les aspects passionnels de l’époque et mĂȘme du personnage

Revisitez l’itinĂ©raire de Lumumba : bien peu de Congolais d’aujourd’hui possĂšdent son bagage intellectuel et politique eu Ă©gard Ă  son Ăąge et son â€˜Ă©lĂ©mentaire instruction’, la preuve non d’un politicien impulsif et ignorant mais d’un leader qui a eu raison de porter utilement cette charge mĂ©morable contre le colonialisme et pour la souverainetĂ© mĂ©ritĂ©e des siens

Le fond au-delĂ  des convenances, des formes qui fait de Lumumba notre hĂ©ros mĂ©rité 



Elili [dibangu@hotmail.com] 02/08/2017 05:54:59
Chers Compatriotes,
Encore une fois, je tiens Ă  remercier notre ami MBTT pour avoir osĂ© ce que beaucoup n?osent pas. Je veux dire, jeter un regard critique sur les erreurs du passĂ© pour ne pas tomber dans ces mĂȘmes erreurs. Ici, cependant, je vais chercher Ă  expliquer le fait, sans le justifier. L?indĂ©pendance du Congo a Ă©tĂ© obtenu ou arrachĂ© par les jeunes gens dont le plus ĂągĂ©, si je ne me trompe pas, Ă©tait Lumumba (plus ou moins 35 ans). Imaginez-vous un jeune de cet Ăąge actuellement prĂ©sident du Congo ! Je ne parle pas de celui qui est venu avec une bande d?aventuriers, terroristes des citoyens, sans foi, ni loi. Ensuite quelle a Ă©tĂ© la formation de ces jeunes gens ? Mon pĂšre qui Ă©tait Ă  l?Ă©cole normale dans une petite ville Ă  cĂŽtĂ© du grand sĂ©minaire oĂč a Ă©tudiĂ© le premier prĂ©sident du Congo m?a racontĂ© qu?il leur Ă©tait interdit d?apprendre le français, la langue qui leur aurait ouvert les yeux pour rĂ©clamer l?indĂ©pendance. S?il parlait français, c?est parce que pour la plupart c?Ă©taient des autodidactes qui cherchaient par leur propre moyen des livres de français. Car, parmi les colons, il y en avait qui ne partageaient pas forcĂ©ment les idĂ©es du colonialisme. Certains missionnaires ont beaucoup aidĂ©. Au grand sĂ©minaire en ce moment lĂ  on apprenait le Flamand aussi, mais ce n?Ă©tait pas dans la perspective d?une formation des fonctionnaires de l?Etat, encore moins des politiciens du pays. VoilĂ , pour ma part, l?explication de cette maladresse mortelle du comportement de Lumumba, mais qui a Ă©tĂ© poussĂ© dans le dos par ses conseillers blancs. Je ne vais pas rĂ©vĂ©ler mes sources sur ce point, mais si vous avez suivi l?enquĂȘte parlementaire belge au sujet de l?assassinat de Lumumba, vous aurez bien vu et entendu des tĂ©moins. Parmi ces tĂ©moins figurent ce conseiller. Donc, Lumumba n?Ă©tait pas suffisamment instruit pour pouvoir bien se rendre compte que ce n?Ă©tait pas le moment de dire tout ce qu?il avait dit. Ce n?Ă©tait pas nĂ©cessaire. Mais ici le premier premier ministre a laissĂ© tomber le costume du premier ministre pour revĂȘtir celui d?un militant de l?opposition. Kasa Vubu, a Ă©tĂ© d?ailleurs mieux dans son costume de prĂ©sident que Lumumba dans celui du premier ministre. HĂ©lĂ s! le problĂšme est que nous continuons Ă  commettre les mĂȘmes erreurs encore actuellement. Nous ne savons pas, pour beaucoup d?entre nous, distinguer le langage diplomatique du langage des militants. L?erreur du premier premier ministre du Congo indĂ©pendant lui a Ă©tĂ© fatale et nous a conduit Ă  plusieurs situations que je n?ai pas le temps de dĂ©velopper ici. Cher MBTT, je suis aussi personnellement d?avis que si Lumumba avait vĂ©cu plus longtemps, on aurait probablement assistĂ© Ă  l?issue que nous a donnĂ©e le marĂ©chal de la deuxiĂšme rĂ©publique. Car, le peu que MarĂ©chal a rĂ©vĂ©lĂ© de ce qu?il dĂ©sapprouvait dans le chef de Patrice Ă©tait quelque chose de plus dangereux pour la gestion du pays. Car, j?ai eu comme l?impression, que ce premier premier ministre aurait pris le pays pour son bien personnel, et de sa tribu. Ici, la seule rĂ©serve de ce que je dis est qu?il s?agit d?une rĂ©flexion irrĂ©elle au prĂ©sent. Il n?a pas vĂ©cu longtemps. Vous vous imaginez si Mobutu avait Ă©tĂ© tuĂ© en 19970 parce que l?on s?imaginait qu?il allait devenir dictateur ce qu?il serait devenu. Il faudra aussi reconnaĂźtre en ce qui concerne Lumumba, que c?est le MarĂ©chal qui a fait de lui un hĂ©ros national. Ironie de l?histoire. Quand on voit le mĂȘme marĂ©chal quelques annĂ©es avant avec ses troupes s?en prendre au premier ministre, le malmener, le torturer, on ne pouvait pas s?imaginer cette piĂšce de thĂ©Ăątre de mauvais goĂ»t possible. Mais qu?est-ce que vous voulez, tout peuple a besoin de lĂ©gende humaine pour pouvoir donner Ă  ses jeunes des repĂšres. C?est ainsi qu?on en crĂ©e. Le sphynx de Limete est aussi "pĂšre de la dĂ©mocratie congolaise", quand on sait comment son parti a Ă©tĂ© gĂ©rĂ©. Le problĂšme que nous avons est que les Ă©crits objectifs soulĂšvent toujours des rĂ©actions des excitĂ©s qui, pour des raisons inavouĂ©es, s?en prennent Ă  la pensĂ©e dialectique parce qu?ils croient bien dĂ©fendre les "valeurs". Que Dieu nous vienne en aide.



chryso [chryso45@hotmail.com] 02/08/2017 16:20:36
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo n’a pas compris Steve Lela!
Je ne connais pas Steve Lela. Mais je reconnais en lui, a travers son article intitule “Oui, un des meilleurs discours du 20eme siùcle etait nationaliste”, le caractere d’un homme integre et, particuilerement, une humilite admirable que notre frùre Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo choisit de bafouer, malheureusement, des la toute premiere ligne de son texte. Il lui reproche notamment, en toute arrogance, l’”absence d’une analyse comparative” alors que celle ci est sous entendue meme si elle ne saute pas a ses yeux! Si notre frùre Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo trouve, lui, la necessite ou l?importance d’identifier tous les discours nationalistes prononces a travers le monde durant le 20eme siùcle pour enfin confondre Steve Lela, qu’il se soumette alors, seul, a un tel exercice laborieux! Mais cela n’est nullement l’intention de Steve Lela. Il porte un jugement uniquement et valablement par rapport a l’impact d?un discours historique de Patrice Emery Lumumba dont le message retentit jusqu’a ce jour a travers tous les 4 coins du monde et, surtout, reste pertinent face l’occupation actuelle du Congo-Kinshasa.

Une parenthese. Notre frùre Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo mentionne quelque part dans son texte, et avec mepris d’ailleurs, toujours tentant de minimiser, voire rendre au ridicule ainsi le discours de Patrice Emery Lumumba, que “ l’independence du Congo fut negociee” pour nier qu’elle etait plutot conquise. Mais il ignore le vrai combat, dont un 4 janvier 1959, qui a justement force les Belges a s’asseoir avec les Congolais autour d’une table et enfin "negocier"!

Steve Lela a tente, lui, de nous rappeler notre Histoire et nous edifier egalement. Quant a notre frùre Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo, il est, lui, “hors jeu”!



Mwenze Kabulo [mwekabulo@yahoo.fr] 02/08/2017 21:28:12
Cher Mayoyo

J?aurais traité votre papier de plagiùt parce que vous aviez pénétré ma mémoire en l?écrivant. Je souscris à votre analyse. Il est temps de revisiter l?histoire au lieu de continuer à nous voiler la face avec des pseudos slogans de nationalisme. Lumumba fut un repris de justice recidiviste. Il fut emprisonné à deux reprises pour avoir détourné de l?argent de deux de ses employeurs. Il n?était pas préparé à la charge de l?Etat. Le 30 juin 1960, il énerva le protocole, irrita notre invité le Roi des belges et manqua du respect au Président Kasa-vubu. Son discours plein d?esprit de revanche n?avait aucune substance déclinant la vision pour le développement de notre pays. Il fut l?origine de nos malheurs. Aujourd?hui, il est (Z)Héros national pour avoir fait quoi? Insulté l?ancien colon?

Il y a Ă©galement un autre traitre Ă  la nation qui vendit notre pays au Rwanda et Ouganda. Il fut assassinĂ© dans sa rĂ©sidence. Aujourd?hui, le pays est occupĂ©. Les mines et forĂȘts sont vendues; les blocs pĂ©troliers vendus, les Ă©coles vendues. LD Kabila fut un traitĂ© Ă  la nation. On n?a pas besoin des (Z) hĂ©ros nationaux.



Raz [rkawaya@yahoo.co.uk] 03/08/2017 07:23:37
Ah! Monsieur Mayoyo, cette fois ci tu es vraiment hors jeu, tu tapes a cote. L?independance du Congo negociee?? Non! Et toutes ces revoltes qui ont fait couler du sang congolais? Non monsieur. L?independance a ete conquise, ne falsifie pas l?histoire. malembe ko!!



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mbtt20062017@hotmail.com] 03/08/2017 08:16:11
Cher Nono,

Vous ne lisez dans mon texte aucun argument qui puisse vous convaincre que le discours de Lumumba le 30 juin 1960 fut une erreur ? Pour n’en prendre qu’un seul, j’ai demandĂ© qu’on me cite une seule tribu congolaise oĂč celui qui inviterait un hĂŽte de marque Ă  une fĂȘte et qui l’humilierait publiquement ne serait pas condamnable. Il aurait fallu que vous me citiez l’exemple de votre tribu que je ne connais sans doute pas. Chez nous les Bambala, le geste de Lumumba serait considĂ©rĂ© comme celui d’un fou. Le discours de Lumumba, un texte fondateur d’une politique nationaliste ? DĂ©cidemment, vous ĂȘtes enivrĂ© par vos fantasmes. Tant qu’on y est, pourquoi ne fructifiez-vous pas ce discours, comme vous le dites, pour qu’on voit les rĂ©sultats que cela donnerait ?




Congodebout [congodebout@yahoo.fr] 03/08/2017 08:17:46
Nous ne partageons pas ce réquisitoire contre Lumumba présenté comme un "impulsif". Ce genre de propos est révélateur d?une méconnaissance du personnage que l?on se limite à cerner au travers d?un discours. C?est regrettable que ce genre d?attitude vienne d?un Congolais ! Lumumba s?est inscrit dans la ligne du panafricanisme et a été reconnu en Afrique comme l?un des porte-étendards de ce mouvement. Ainsi, on retrouve l?éffigie de Lumumba dÚs avant le 30 juin 1960 sur le billet de 10 sylis de la République de Guinée de Sekou TOURE qui avait dit non au Gal De GAULLE. Pour critiquer la teneur du discours prononcé le 30 juin 1960 par Lumumba il faudrait ne pas ignorer le contexte dans lequel celui-ci a été rédigé ! S?il apparait dicté par la passion il faut savoir que celui prononcé par KASAVUBU n?avait pas été soumis préalablement au Premier Ministre comme c?est d?usage en Belgique ! Enfin, contrairement à la grande majorité des politiciens congolais d?aujourd?hui LUMUMBA lui avait un idéal et pouvait se targer d?une réelle expérience professionnelle !!!



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mbtt29062017@hotmail.com] 03/08/2017 08:25:57
Cher Elili,

Je partage votre avis quand vous Ă©crivez : « Si Lumumba avait vĂ©cu plus longtemps, on aurait probablement assistĂ© Ă  l’issue que nous a donnĂ©e le marĂ©chal de la deuxiĂšme rĂ©publique ». Puisque Lumumba Ă©tait issu d’une ethnie rĂ©putĂ©e guerriĂšre et qui avait essaimĂ© sur le territoire national mieux que les autres ethnies, on pouvait mĂȘme s’attendre au pire. Etudiants Ă  l’UniversitĂ© de Lubumbashi, j’ai vu des Ă©tudiants Tetela armĂ©s de couteaux attaquer d’autres Ă©tudiants pour dĂ©fendre la petite parcelle de pouvoir d’un Recteur : leur frĂšre Elungu Pene Elungu qui brillait par un manque de dialogue avec la communautĂ© estudiantine. S’ils devaient dĂ©fendre le pouvoir d’un Premier Ministre, c’est certain que les Tetela allaient massacrer les Congolais d’autres ethnies jusqu’au dernier.



MAYOYO BITUMBA TIPO-TIPO [mbtt11042017@hotmail.com] 03/08/2017 08:34:06
Cher Elili,

Quant Ă  l’autre fantasme qui considĂšre le Sphinx de Limete comme « le pĂšre de la dĂ©mocratie congolaise », j’ai beau scruter ce qu’il y a sous le ciel congolais, je ne trouve aucune trace de dĂ©mocratie. Je pense qu’il serait plus juste de parler du « PĂšre du nĂ©ant » ou de « HĂ©ros national » si on tient absolument Ă  donner un titre au Sphinx de Limete. La question est de savoir qui a besoin d’un hĂ©ros au Congo quand on connait les immenses besoins non satisfaits de notre peuple.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 03/08/2017 08:55:24
A mon avis, tous les humains ont besoin d?une légende. Pour les congolais, Patrice Emery Lumumba a concentré sur lui le besoin d?une figure ancienne et tutélaire, en politique. Ce n?est pas Lumumba qui a fait le Congo, mais le Congo qui a crée Patrice Lumumba.

Aujourd?hui plus que jamais, nous devons nous inspirer de son impertinence, nous lever, faire entendre nos voix face aux barbares rwandais, aux nouveaux négriers du coltan, aux idiots utiles congolais qui accompagnent les massacres de leurs propres parents, aux démagogues et autres autocrates.

Avons-nous besoin d?un nouveau Lumumba ? Ou pouvons-nous y arriver seuls ? De façon certaine, Lumumba, lui, n?aurait jamais accepté que le Congo devienne une colonie d?exploitation du Rwanda. Il se serait levé et aurait dit : ??Ya mbala oyo ekoki??. Essayons de trouver en lui la capacité à transformer en culture civique un renoncement du personnel politique congolais à une partie de leurs exigences au profit d?un bien communautaire. Dans ce sens, la définition que l?on se donne de Lumumba est plus que jamais d?actualité.



ugadala ngundu [kalojean10@gmail.com] 03/08/2017 09:34:17
Ngwashi mayoyo Tula discour ya lumumba na kikongo,tula yo nakimbunda,na kipende,na kimbala,natshiluba,na Swahili,nge ta zaba nki mutindu bambuta kumonaka mpasi.merci
ugadala ngundu asugagogu.



Jean-Marie Mabiti [jmabiti@yahoo.fr] 03/08/2017 14:55:02
"Un des meilleurs discours du 20Ăš siĂšcle Ă©tait nationaliste".
MĂ©fions-nous des unanimitĂ©s bĂ©ates. Posons-nous franchement la question suivante: "Nationaliste veut-il signifier patriote ?". En cinquante-sept annĂ©es d?IndĂ©pendance, les vocables "nationalisme", "nationaliste" continuent Ă  causer des dĂ©gĂąts innombrables. On tue par nationalisme, on "zaĂźrianise" les biens d?autrui par nationalisme, on viole les droits de l?homme par nationalisme, etc. On dĂ©tourne les biens publics, au nom du nationalisme. On refuse l?immigration par nationalisme. Alors que, partout au monde, l?adjectif "nationaliste" a une connotation xĂ©nophobe, de repli sur soi, d?irrĂ©dentisme culturel, chez nous en RDC, c?est une vertu. On se vante d?ĂȘtre nationaliste. On fait semblant d?ignorer les massacres perpĂ©trĂ©s, au nom du nationalisme. MĂ©fions-nous. "Celui qui ne connaĂźt pas son histoire, est condamnĂ© Ă  la revivre."


 

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