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30 Juillet 2017

Oui, l’un des meilleurs discours du 20e siècle était nationaliste

 

Patrice-Emery Lumumba, le tout premier chef de gouvernement du Congo indépendant

Qu’aurais-je fait et qu’aurais-je dit si j’étais à la place de Lumumba le 30 juin 1960? Aurais-je eu le courage ou, selon certains, l’immaturité de prononcer un discours choc en face de la puissance coloniale incarnée par le roi Baudouin? Aurait-il dû être « politically correct » comme disent les Anglophones en prononçant un discours conformiste comme l’a fait Kasavubu? Ce discours était-il inopportun du point de vue diplomatique en raison que le jour et le lieu n’étaient pas indiqués pour son contenu? A-t-il contribué à sa neutralisation politique et à son déplorable assassinat? A-t-il engendré une cassure dans le pays entre ses partisans dits les « nationalistes » et les « autres » qui contribua à des guerres civiles et leurs corollaires de destruction d’infrastructures économiques et des milliers de morts? Finalement, le discours a-t ‘il divisé le pays dès son accession à la souveraineté internationale et retarda son développement?

À mon niveau, je veux commencer par aviser mes lecteurs que je ne suis pas historien de formation, mais que, malgré mes connaissances limitées, je les estime suffisantes pour formuler une certaine analyse pertinente sur ces questions. Après tout, comme l’a si bien dit Wina Lokondo, on ne doit pas falsifier l’Histoire; et celle du Congo ne doit pas être politiquement orientée, sélectivement écrite, à sens unique. Ces questions sont pertinentes dans la mesure où elles déterminent si Patrice Emery Lumumba mérite d’être considéré héros national et par conséquent si nous devons réviser notre histoire.

En parcourant l’histoire de l’humanité, on découvrira très vite que les exemples sont légions où des hommes et des femmes ont eu le courage de prononcer des discours qui dérangent ou ont carrément été subversifs. Certains en ont payé de leur vie et d’où la question de « martyr » fait inévitablement surface. Est-ce toujours noble de mourir en martyr? Fait-on mieux avancer la cause et les personnes qu’on défend en acceptant le martyr? Malheureusement notre actualité est dominée par les actes diaboliques de djihadistes qui abusent tous le mot « martyr » tels que Daesh, Boko Haram, Al-Qaïda, les Shabab somaliens et j’en passe.

Prenons le cas de Jésus-Christ, personnage historique qui dérangeait plus d’un par ses paroles. Non pas parce qu’Il se présentait comme un guerrier révolutionnaire menaçant de libérer son peuple de l’emprise du pouvoir romain, ou même comme un rival au pouvoir religieux des grands prêtres et des pharisiens, mais plutôt parce qu’il se présentait comme Dieu en chair. Baptisé par Jean-Baptiste, Jésus savait qu’il était investi d’une mission bien particulière et que comme Jean-Baptiste, une mort violente l’attendait. Comme pour Jésus qui, par ses prêches créa une division entre ceux qui veulent « être sauvés » et ceux qui ne le « veulent pas », il est vrai que le discours de Lumumba avait engendré une cassure dans le pays entre ses partisans dits les « nationalistes » et les « autres ». Jésus, mieux que Jean-Baptiste, anticipait sa neutralisation et sa mort tragique. La mort, et pour les croyants, sa résurrection, ne libéra pas son peuple de l’emprise romaine; les grands prêtres et autres autorités religieuses demeuraient toujours une menace pour sanctionner ses disciples; le fameux Temple de Jérusalem fut détruit en l’an 70; l’incessante persécution romaine à l’égard de la minorité chrétienne surtout lors des trois premiers siècles; bref, avec un tel tableau sombre, difficile à dire que le martyr de Jésus-Christ n’était pas inopportun et qu’il ne retarda pas le développement des croyants à certains égards. Mais les croyants rétorqueront que, bien au contraire, bien au-delà du luxe et de la joie terrestre, la crucifixion et résurrection de Jésus sont nécessaires pour la vie éternelle comme l’affirme Matthieu 10 :22. Donc pour le croyant, souffrir au nom de Jésus n’est pas une malédiction ou même une conséquence résultant de l’irresponsabilité ou de la témérité de Jésus lui-même, mais plutôt une joie de prendre part à son royaume.

Revenons maintenant au discours de Lumumba. Certes ce discours ne pouvait que heurter la sensibilité du roi Baudouin, Kasuvubu et consorts, mais en lisant bien son discours on réalise qu’au lieu de gratuitement diaboliser la Belgique et appeler à la vengeance ou une rupture des relations diplomatiques, Lumumba reconnait que les Belges de bonne foi qui travaillent pour la grandeur du Congo auront leur place dans l’avenir du Congo. On est donc loin d’un discours nationaliste à coloration xénophobe. La vérité libère dit-on et Lumumba a eu le courage à l’une des plus importantes occasions de l’histoire de son pays et devant un adversaire de taille : la puissance coloniale incarnée par le roi Baudouin lui-même. Ce n’était pas le moment de le dire? Quand fallait-il alors le dire? Le 30 juin 1961? 1962? 1985 (selon le plan de Van Bilsen qui suggéra une transition de 30 ans en 1955)? Non! Lumumba savait que son discours n’aurait pas autant de sens s’il ratait le jour même de l’indépendance. L’alternative était donc de se taire à tout jamais. Et après tout, qu’a-t’ il dit de si mal ou de si faux dans ce discours au point d’y associer tant de malheur à notre cher pays? Pouvait-on vraiment prétendre d’être indépendant et honorer nos ancêtres en dissimulant sous le tapis les crimes et l’injustice de l’époque coloniale? Un discours flatteur comme celui de Kasavubu démontre plutôt l’aliénation que l’état d’esprit d’un peuple indépendant et affranchi.

Il est important ici de souligner que nous reconnaissons que Patrice Emery Lumumba avait certainement ses défauts et qu’au-delà de son discours il y a des décisions qui, en rétrospective, ne s’avéraient peut-être pas être les plus sages. Toutefois, 57 ans plus tard, nous bénéficions d’une sagesse rétrospective pour mieux cerner les enjeux du pays que Lumumba lui-même à son époque. Rien ne prouve que si nous étions à la place de Lumumba, nous aurions mieux fait pour soulever les défis dont il a été confronté. Parfait ou pas, si cet homme est reconnu comme un héros et vénéré bien au-delà des frontières congolaises pour joindre les rangs de Gandhi, le docteur Martin Luther King Jr et Thomas Sankara, il est assez ironique qu’il soit désavoué par ses propres compatriotes. Le fait qu’il soit plus vénéré aujourd’hui que lors de son vivant en dit beaucoup sur l’homme : la grandeur du courage de Lumumba manifeste à travers son discours triomphe sur les soi-disant conséquences néfastes qu’on veut l’attribuer. Il est trop simpliste, pour ne pas dire injuste, de lier la déchéance de notre pays au discours de Lumumba. Détrompons nous, le discours de Lumumba est parmi les meilleurs du 20e siècle.

Je termine par donner la parole à Emiliano Zapata Salazar qui disait ceci : « Mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux ».

Steve Lela
© Congoindépendant 2003-2017

 

7 Réactions

Kolomboka [kolomboka@yahoo.fr] 30/07/2017 20:44:07
A Steve Lela

J?ai lu et relu votre analyse sur Émery Patrice Lumumba. Celle-ci est parfaite et mérite la note "excellence". Car si Lumumba est reconnu comme un "héros" et par ricochet vénéré dans le monde, je ne vois comment nier une telle évidence.A moins d?être idiot soi-même, des suites d?une charge mentale en débordement.

J?ai dit !

Kolomboka



chryso [chryso45@hotmail.com] 31/07/2017 15:12:18
Steve Lela
Oniati!
Un ancien dignitaire de la deuxieme Republique m?avait une fois confie en 1991 ou 1992 que "Lumumba etait trop tot pour son temps"! Mais il est reste silencieux a ma question de savoir "if not then, then when?" Il condamnait Patrice Emery Lumumba alors que Mobutu Joseph Desire l?avait deja proclame Heros national!

Dans mon article intitule "L?Etat de droit en RDC n?est pas souhaite par l?occident" et publie dans mon blog chrysotambu.blogspot.com le 1er novembre 2011, je mentionnais ce qui suit:

Lorsque les puissances coloniales accordent l?"indépendance" aux pays africains en 1960, plusieurs d?entre elles ne se rendent pas compte très vite du fait que ces anciens colonisés viennent aussi d?hériter des constitutions démocratiques qui vont rendre la tâche difficile aux néo-colonisateurs. Conscient de cette réalité et pour présever ses interêts au Katanga avec ses richesses minières, le gouvernement belge s?arrange pour faire amender à temps en date du 16 juin 1960 par le parlement belge la loi fondamentale afin de permettre la nomination de Moise Tshombe comme président de la province.

Voilà un plan bien médité par la Belgique pour reprendre de la main gauche ce qu?elle allait céder de la main droite. Au fait, sans la modification des articles 110 et 114 de la loi fondamentale, Tshombe ne serait pas devenu du tout président de la province et n?aurait pas été en mesure de proclamer la sécession du Katanga.

Mais le jeu politique fonctionnant parfaitement au parlement dans la toute jeune démocratie, un leader charismatique et un nationaliste intransigeant en la personne de Patrice Emery Lumumba représentait un danger pour l?Occident. D?où la nécessité de le faire disparaitre de la scène politique pour garantir les interêts économiques et stratégiques des pays occidentaux; une mission que la CIA avait accomplie en l?assassinant trois jours avant l?investiture du président américain John Kennedy en 1961.

Ayant réussi à se débarasser des nationalistes comme Patrice Lumumba et Nkwame Nkrumah, l?Occident procède alors à l?installation des dictatures en Afrique en placant au pouvoir des officiers militaires pour la plupart. Pour le Congo-Kinshasa, tous les moyens seront mis à la disposition du Général Joseph Mobutu, lequel figurait déjà sur la liste de paie de la CIA, pour exécuter un deuxième coup d?Etat militaire en 1965. Ses tuteurs occidentaux l?assisteront à asseoir son pouvoir dictatorial durant 32 ans jusqu?au moment où ils décidèrent de le remplacer par un ancien rebelle, Laurent Désiré Kabila, en 1997. Ce dernier, aussi un nationaliste intransigeant sera remplacé par un jeune officier "Joseph Kabila" (Hypolite Kanambe de son vrai nom), un imposteur rwandais (tutsi) imposé par l?Occident en 2001. Et après avoir rédigé à Liège, en Belgique, une constitution sur mesure de ce monstre qu?elle venait de créer, la communauté internationale organisera un semblant d?éléctions présidentielles en 2006 dans le seul but de légitimer le pouvoir issu d?un coup d?Etat militaire.



Armand [Armand1967leliondejuda@gmail.com] 31/07/2017 17:11:57
Merci cher Steve pour l?article.
Honorant le combat de Lumumba pour un Congo uni, je vais dire: " Mieux vaut mourir gardant toute sa fierté que vivre toute sa vie dans la honte". Telle est la leçon de Lumumba.



Nono [no2.bay@orange.fr] 31/07/2017 18:48:54
Tout à fait, Compatriote Steve Lela, contrairement à la critique trop négative du discours "nationaliste" de notre ami Lokondo, moi aussi je considère le discours de Lumumba le 30 juin 1960 comme un message grand, fort et utile à notre Nation et au monde...
Généralement la ?dimension nationaliste? d?une politique pèche davantage par l?instrumentalisation politicienne qu?on en fait et l?inconséquence qu?on en tire dans ses actes effectifs...
Permettez-moi de reprendre ici la remarque que j?avais apportée peut-être trop tard à l?analyse de Lokondo :

{Compatriote Lokondo,
J’ai hésité avant de faire suite à votre analyse tant je ne comprenais pas ou plus exactement j’étais heurté par sa finalité sous-jacente : est-il besoin d’opposer tant « nationalisme et coopération », celui-là ne condamne pas automatiquement celle-ci, ni d’opposer « nationalisme et patriotisme », il n’y a nationalisme qu’en face d’un ennemi étranger qui vous refuse votre patriotisme ? N’est-il pas non plus anachronique et réducteur d’évaluer ou de comparer les trajectoires de nos leaders de l’indépendance à la seule aune « idéologique » quand pour eux il était d’abord question d’un abord « pratique » vu leurs convictions, le contexte de l’époque qui était de « combattre le colonialisme, d’obtenir l’Indépendance et de gouverner avec les moyens dont ils disposaient » ? Nous avons d’abord à contextualiser leurs choix, s’ils en furent capables, et les modes d’action qui furent les leurs : en 1960 et avant, le Congo et l’Afrique étaient sous exploitation coloniale, le défi capital pour ses enfants était d’en sortir, les « nationalistes » comme Lumumba n’ont d’abord fait qu’en emprunter le chantier face aux colons qui leur barraient la route, méfions-nous des jugements et des comparaisons absolues rétrospectives quant à leur « geste » et de vite les assimiler à la période actuelle…
En passant, je ne partage pas non plus votre optimisme d’évangile sur notre impossible balkanisation quant ailleurs un néo-colonialisme intensif et sa dépendance conséquente équivalent bien un colonialisme en attendant que suite à nos propres échecs ce ne soient pas nous-mêmes qui nous satisfaisions, qui cherchions le salut dans ce colonialisme de type nouveau ; ce n’est hélas pas impossible (Porto-Rico dont Trump ne voudrait pas comme 51ème Etat américain ne vendrait-il pas sa souveraineté pour soulager sa propre impéritie ?) Passons…

S’agissant de Lumumba, est-il besoin de rappeler là aussi qu’il a d’abord connu son triste sort parce qu’il représentait l’anti-colonialisme, son pari d’une auto-détermination souveraine et non en raison d’une quelconque tare comportementale ? Les reproches d’impulsivité, d’imprévisibilité, d’ignorance, de méchanceté ou d’incivilité ou de quelque chose de ce genre sont bien accessoires, ceux qui l’ont connu vous le confirmeront… C’était d’abord un militant et un politique déterminé, convaincu et courageux comme rarement il y’en a eu dans le monde au service de l’indépendance politique, économique et ‘idéologique’ de son pays, comme il en fallait pour ce combat noble mais laborieux !
A travers son discours du 30 juin 1960 et plus généralement dans sa ligne politique, il a le premier et combien « personnifié la nation congolaise à côté d’autres qui s’y présentaient en chefs de clans » empêtrés dans « leurs intérêts et enjeux traditionnelles », s’y adressait non pas seulement aux colonisateurs mais incarnait devant ses Compatriotes le leader d’une Nation unifiée pour l’avenir en rendant hommage à leurs luttes et en célébrant avec eux cette victoire finale de leur Indépendance ! Ses « ennemis » directs les Belges mais aussi d’autres Occidentaux reconnurent de bonne foi pour certains dans son projet audacieux et même fou, contraire au leur et qui les défiait, celui d’une personnalité « se détachant nettement des hommes politiques falots qui l’entouraient déplorant l’absence d’hommes d’Etats au Congo en dehors de lui.»

Lumumba aurait pu gagner, c’était possible, s’il avait bénéficié d’un appui aussi convaincu de ses pairs Congolais et africains alors peu armés intellectuellement et idéologiquement et facilement achetables, d’une armée disciplinée et républicaine, d?un pays soudé et la face du monde (impérialiste, colonialiste et néo-colonialiste) en aurait complètement été changée, notre dépendance structurelle et idéologique aurait connu une autre voie…
Bref, selon moi, nous n’aurons rien compris de notre combat souverainiste capital et indispensable, si nous privilégions une lecture rétrospective d’abord à partir des échecs qui ont été les nôtres à cette douloureuse époque et par la suite et non sur les valeurs et espoirs qu’elle nous a tracés…
Si l’attitude et le discours d’un Lumumba le 30 juin 1960 a paru téméraire, il n’est devenu ‘suicidaire’ que par la volonté et la puissance de ses adversaires dedans et surtout dehors et non parce qu’il l?était en réalité car il a révulsé d’abord parce qu’il rendait compte de manière crue de la dignité perdue des (anciens) colonisés. Ainsi quelque part il était nécessaire, il n’aurait pas existé on ne prêterait pas tant attention au « combat anti-impérialiste » encore indispensable et Lumumba partage le sort malheureux de nombreux « rebelles » qui ont légitimement revendiqué de par le monde les droits des faibles… La liberté et la justice n’ont pas besoin de convenances, d’heure pour être défendues, elles doivent l’être à tout moment, tant pis si le combat entraîne des victimes, c’est vieux comme le monde…

Et aujourd’hui la lutte anticolonialiste s’est muée légitimement en lutte des faibles contre les puissants car souvent les intérêts de ces derniers n’épousent pas les nôtres et au Congo comme partout en Afrique, les meilleurs et les plus efficaces de nos leaders sont ceux qui la poursuivent avec la même détermination selon d’autres modalités et Lumumba demeurera ainsi cette incontournable référence pour nous et d’ailleurs à travers le monde de ce combat !
Sa reconnaissance ne relève pas d’une « histoire du Congo politiquement orientée, sélectivement écrite, à sens unique », mais celle d’un « nationalisme » qui dépasse à raison les clivages et les récupérations ultérieures… En ce sens la défense bien sentie de notre souveraineté n’est pas qu’un « discours » démagogique dont se servent nos potentats pour se donner un « permis de tuer » les leurs à l’abri des critiques externes mais un programme des réels « actes nationalistes » conséquents, intemporels ! Ne mélangeons donc pas tout, nous ne saurons mieux faire pour notre meilleur avenir sans ce viatique toujours vital… Sur le terrain, ces deux visions ou mieux ces deux tropismes serviront comme partout dans le monde des modalités de gouvernance différentes mais aucune ne réussira en faisant fi de la valeur « souverainiste » encore plus indispensable en cette mondialisation impitoyable…

Quant à Lumumba ce n’est pas que pour raisons diplomatiques que la Belgique a présenté des « excuses » au peuple congolais et exprimé ses « profonds et sincères regrets » en 2002 pour son rôle dans l’assassinat de Lumumba, c’est sa part de reconnaissance dans les conditions de la mort d’un « juste », arrêtons de le diffamer trop rapidement, ses erreurs ont d’abord été celles d’une époque, de son temps, d’un contexte : la Belgique est aussi coupable d’avoir moins bien préparé le Congo que d’autres pays en 1960 pour ses lendemains, c’est d’ailleurs en partie pour cette raison que nous avions eu besoin d’un leader de la trempe de Lumumba, nous n’avons donc fait qu’avec ce que nous avions…

Et pour finir je paraphraserais cette sagesse « Ce n?est pas parce que les choses sont difficiles que nous n?osons pas, mais parce que nous n?osons pas qu?elles sont difficiles », le combat de Lumumba par « trop nationaliste » qu’il parait et donc quelque part « irréaliste » qu’il a été, pas complètement concluant vu notamment le triste sort que l’homme connut non parce qu’il fut « inatteignable » mais parce que le contexte par nos faiblesses et par l’obstruction de nos puissants ennemis l’a rendu fort difficile mais il demeure une arme incontournable de notre « lutte politique et économique »…
Aucune fatalité objective ni déterminisme psychologique ou politique dans les échecs de Lumumba ni tous ceux qu’a connu notre pays, investissons davantage dans notre propre réaction aux faits hier comme aujourd’hui pour y découvrir les failles qui elles, continuent d’être accumulées non pas tant en raison d’une tare consubstantielle au principe et à la pratique du « nationalisme », du « souverainisme »…
Les erreurs sont la conséquence inévitable d’actions largement collectives dans ce cas, portons donc notre intérêt sur celles-ci, passées et à venir en lieu et place des jugements définitifs et trop exclusifs sur les protagonistes peut-être que nous y trouverons mieux les germes des résultats futurs tant aucune tâche même la plus difficile n’est en dehors de la capacité des hommes, d’une société responsable et industrieuse…

Mes excuses, je n’ai pu coucher mon propos qu’en vrac, donc long au gré des ‘évocations’ que le sujet me les provoquait mais c’est en gros ce que j’en pense…}



Bernard B. [tshamwa@bluewin.ch] 31/07/2017 19:16:25
Etude Politique, Stratégique, Géopolitique, et Géostratégique pour la RDC.

Thème : La Deuxième Etape de la Stratégie Sioniste contre la RDC a déjà commencé.

Etape ya liboso ya Stratégie Sioniste contre la RDC ezalaki « kokota na RDC pe kobotola Présidence de la République. » Etape ya mibale ezali « kofandisa Kanambe na Présidence à vie na RDC. »

Soki botangi malamu Constitution ya 2006 ya RDC, déjà na Exposé des motifs, sous-titre 3. DE L?ORGANISATION ET DE L?EXERCICE DU POUVOIR ; balobi boye :
Les nouvelles Institutions de la République Démocratique du Congo sont :
- le Président de la République;
- le Parlement;
- le Gouvernement;
- les Cours et Tribunaux.

Bomoni tè Président de la République azali INSTITUTION. Or, mboka ezali na kombo ya République Démocratique du Congo ; denge nini Président akoki kozala « une Institution » na démocratie. Biso banso toyebi tè na démocratie, ALTERNANCE ezalaka ; kasi, soki Président akomi « une Institution », elingi koloba tè akoki kolongua té, kaka na liwa ya ye. Po, adage ya droit constitutionnel elobi : « Les hommes passent, les Institutions restent. » Donc, akotikala Président à vie.

Ba stratéges belges bayebaki déjà eloko nini bazali kobongisa na avantage ya bango. Basalaki lisusu boye na tango ya Mobutu po bazuaka ba richesses ya RDC ya ofele. Yango wana Mobutu awumelaki na dictature ba mbula 32.

Kanambe ayebaki eloko nini ba Belges babongiselaki ye ; yango wana azuaki kombo ya Joseph, oyo ezali mimétisme ya Joseph Mobutu sese seko.

Stratégie de l’Oiseleur ebongisamaki na ba Américains po bakokisa maloba ya bango ya « le Président de la République est une Institution. » Tina ezalaki ya kofandisa Kanambe libela na bokonzi. Lokola soi-disant Rassemblement na UDPS bandimaki kobakisela Kanambe mbula ya bokonzi, Yango wana Kanambe akoti na Présidence à vie kobanda décembre 2016, na Accord ya CENCO.

Kokota Kanambe akoti na Présidence à vie ezali ebandeli ya Deuxième étape ya Stratégie ya ba Sionistes. Na deuxième étape oyo, mosala Kanambe asengeli kosala ezali ya ko Balkaniser RDC. Yango wana akati mboka na 26 provinces, po bakoka kozua yango moko-moko. Lokola bayebaki tè ba Congolais bakangani liboke, tango ya kosala balkanisation ekoki kobimisa bitumba ; yango wana balengelaki Stratégie de Guerre Masquée. Ba fausses Communes na ba massacres tango ya ba manifestations, ezali kowuta na application ya Stratégie de Guerre Masquée. - Eloko ezali kosalema na RDC ezali « Terrorisme » té, ezali « Stratégie de Guerre Masquée ».

Objectif ya Guerre Masquée ezala ya kokimisa bato po mabele etikala polele po bato basusu baya kofanda na yango. Kasi, po bato bakima ebele, esengeli MASSACRES ezala ya mingi. Na ba Etudes misusu naselelaki bino, nayebisaki bino tè Objectif ya bitumba oyo tozali na yango ezali EXTERMINATION ya peuple Congolais. Bozua Etude oyo na liseki té, po Extermination yango wana ezali kosalema dans le silence national et international. Soki Stratégie de Deux Mâchoires ekotaki na Angola, mbele Balkanisation esalemaki kala. - Eloko Israël azalaki kozela, yango wana. Kasi, ba échoué. Elingi koloba tè Deuxième Etape ya Stratégie ya bango ezali naino en cours.

Esengeli bokeba na Inauguration ya Institut Militaire oyo Kanambe asali na Kinshasa, po, ba officiers bakozua formation na institut wana bakozala surtout ba rwandais. Ata soki ba Congolais bazui ba diplômes kuna, kasi bakozala ba subalternes ya ba rwandais, pe bakozua postes ya kokamba mampinga na manduki té. Soki bakopesa bango manduki, kasi munitions ekokokana té na manduki bakozua. Stratégie oyo, ezali ba Français balakisaki yango na Kanambe. Yango wana bomonaka ba soldats Congolais bazangi manduki po na kobikisa mboka. - Il faut remarquer que Institut Militaire oyo, bato basali yango pe bazali kotangisa na yango bazali ba Français. Lokola nayebisaki bino, ba Stratèges Occidentaux bazali kosala mosala na RDC po na kowumelisa Kanambe na bokonzi.

La Stratégie de la RDC :

Natindeli CENCO Jurisprudence ya monene euti na Eglise Catholique Romaine. Moto asali Jurisprudence oyo azali principalement Pape Bénoît XV. Jurisprudence oyo ekofongola nzela ya CENCO po bakoko kozua bokonzi ya mboka noki-noki, po ba Institutions nyonso ya mboka ekomi illégitimes pe illégales. Na miso ya Eglise, CENCO akoki kobanga eloko moko té, po Jurisprudence oyo euti na Vatican.

CENCO, soki akamati bokonzi, pe soki abengi ngayi, nakokende noki-noki po na kolongolela bango mokumba ya politique. Kasi, CENCO akoki kobenga ngayi avant, po naya kokotisa CNS de Libération Nationale. CNS oyo ekowumela kaka 12 heures, de 7h30’ à 19h30’ le même jour. Kuna, tokotalela Constitution ya sika, Drapeau ya sika, Hymne National ya sika, Plan de Développement Intégral, Plan Structurel, Sceau de l’Etat, Politique Générale ya sika, Politique de développement, Politique sociale ya sika, Politique Financière ya sika, Politique étrangère ya sika, Stratégies de développement, Stratégies de financement du développement, etc. Na suka, CNS de Libération Nationale ekobimisa ba résolutions po tolibérer mboka.

Lokola Muanda Nsemi na Tshilombo bakebisi déjà Kanambe na dates ya le 07 na le 08 août 2017, Kanambe akobimisa ba soldats ya ye mikolo wana, po babotola ye bokonzi té. Bango bazali ba rwandais, bakobuma ba Congolais mingi, po ezali Objectif ya bango ya ko Exterminer peuple Congolais. Soki Mampinga ya RDC bakozala té, eloko ekosalema ekozala bibembe na bibembe. - Yango wana nalobaki tè Muanda Nsemi na Tshilombo basali eloko basengelaki kosala té. Likambo ya boye, balengelaka yango na kuku.

Biso, esengeli tosala misala ya biso avant le 07.08.2017 po ezala SURPRISE po na Kanambe.
Nazali kozela kobenga ya CENCO.

Bernard B.
31.07.2017



Elili [dibangu@hotmail.com] 01/08/2017 05:16:53
Chers Compatriotes,
Que des fleurs nous avons lancées à nos héros. Héros pour nous avoir donné l?indépendance certes. Ici, il n?y a rien à dire. Et après ? C?est là que les bas blessent. Ayons le courage de nous regarder en face. Lumumba un grand héros, pour seulement nous avoir donné l?indépendance ? Mais comment se fait-il que dans la suite qui se réclame de sa pensée, l?on trouve des personnalités aussi controversées comme "Lambert Mende" ? Cher Kolomboka, souvent la vérité se trouve dans la bouche des enfants, des ivrognes, des fous et des personnes que l?on qualifie d?idiots. L?un des meilleurs discours du 20 siècle ? Je ne nie pas, car, celui qui l?affirme a parcouru tous les discours nationalistes et les a classés selon ses compétences que je n?ose remettre en doute. Mais comme je ne sais pas moi-même ce qu?il appelle "nationaliste", alors, je lui accorde un crédit avec beaucoup de réserves. Je sais que sur ce site, nous avons beaucoup de dogmatiques qui, à l?instar des dictateurs, n?aiment pas entendre un autre son de cloche. Nous avons encore beaucoup à apprendre pour sauver notre pays. Le plus spectaculaire de nos pères d?indépendance est qu?ils étaient très jeunes, fougueux, avec les qualités et défauts de leur âge et manquent d?expérience dans le domaine qui leur était bien étranger et qu?ils avaient en face d?eux des personnes plus expérimentées et qui jouaient dans leur scène. Le nationaliste, si nous devons examiner les coulisses de ce discours, il y a beaucoup à dire que je ne peux pas exposer ici. Ce n?est pas le but de mon intervention. Nous nous donnons tellement des fleurs que nous nous couchons dans les rêveries, alors que le pays croupit dans la misère. Posons-nous des questions pertinentes pour nous en sortir. Les disciples de ce nationalistes sont ceux qui ordonnent que l?on tire à balle réelle sur les manifestants qui marchent mains vides pour exprimer leur volonté politique. Le maréchal de la deuxième république était aussi nationaliste, lui qui était à côté de Lumumba pour préparer la table ronde. Et comment le revirement de celui qui était reconnu le secrétaire particulier de ce nationaliste ? Ne nous couchons pas sur ces lauriers alors que nous assistons impuissants à la destruction du pays à tous les niveaux. Que Dieu nous vienne en aide.



Okitundu [papapierreok@yahoo.ca] 02/08/2017 15:02:54
Je pense qu?en ce qui concerne le discours de notre héros national Patrice E. Lumumba, qu? il y a des éléments à prendre en compte pour comprendre ce qu?il l?a amené à réagir comme il a fait le 30/06/1960.
Premièrement, dans son discours, le Roi Baudouin a complètement et volontairement omis de regretter les actes criminels commis pendant toute la durée de la colonisation.En omettant ces crimes, Il a voulu montrer au monde que ces ignobles actes étaiet nécessaires pour que l?oeuvre civilisatrice du Roi Léopold II aboutisse. Aussi, n?a-t-il pas trouver important de le souligner(il faut rappeler que c?est ne pas lui qu?il avait écrit, mais des colons qui n?avaient aucune considération pour le nègre) parce qu?il paratgeait totalement ce qu?a été le comportement et atitude des ses représentants au Congo.
Deuxièment, le discours que le Président Kasa-Vubu a lu, était écrit par les belges sans l?avoir au préalable consulté ni lui ni Lumumba. C?est lorsque quelques heures avant la céremonie au cours de laquelle on allait annoncer l?indépendance du Congo, que Lumumba a découvert les discours de Kava-Vubu et celui du Roi. Furieux de ne voir aucun regret des actes criminels dans ce discours, que sur conseils de son conseiller (je pense Jan Van Lierde), il décida de repliquer. Donc, si le Roi Baudoin avait été modeste concerant l?oeuvre civilisatrice du Léopold II, Lumumba n?aurait pas réagi comme cela a été le cas. Le moment choisi était donc le bon.


 

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