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15 Juin 2017

Chronique :

« Les oppositions africaines sont minables »

 

Une manifestation à Dakar pour la libération de Karim Wade

Notre chroniqueur étrille les hommes qui dénoncent les systèmes au pouvoir sur le continent, et sont prêts à toutes les compromissions pour prendre leur place. Les oppositions africaines ont la particularité de posséder souvent les mêmes tares que les pouvoirs dont elles dénoncent les actions et auxquels elles veulent succéder.

Les péripéties actuelles des opposants sénégalais au régime de Macky Sall prouvent leur incapacité à constituer une alternative pour une population qui pourtant est en droit d’attendre une offre de gouvernement crédible.

La campagne actuelle pour les législatives du 30 juillet est un bon laboratoire de ce que nos oppositions peuvent sécréter de négatif dans leur volonté d’accéder au pouvoir sans autre projet que celui de vaincre le régime.

D’abord, les opposants significatifs ont mis sur pied une coalition unique qui a fini par péricliter à la suite de querelles d’investitures et de leadership, accouchant ainsi de près de 50 listes concurrentes. Entre vieux routiers qui veulent toujours exister, jeunes pressés mais vides de propositions pertinentes et autres clowns politiciens, l’électeur sénégalais aura droit à un véritable cabinet de curiosités. Le PDS, l’ancien parti au pouvoir, a poussé l’ignominie jusqu’à investir Abdoulaye Wade, 91 ans, tête de liste de sa coalition.

Ailleurs, au Burkina Faso, je n’ai pas été surpris récemment de voir que le CDP, ancien parti de Blaise Compaoré, était convié à la marche de l’opposition officielle dirigée par Zéphirin Diabré. Dans ce pays, les mêmes incohérences et les mêmes ambitions de pouvoir produisent les mêmes effets : une décrédibilisation de l’opposition traditionnelle. Zéphirin Diabré et l’écrasante majorité des gens qui ont battu le pavé aux côtés du CDP pour pourfendre le gouvernement de Roch Marc Kaboré avaient tous souscrit à la décision scandaleuse durant la période de transition d’exclure les anciens partisans de Compaoré de toute compétition électorale. Cette décision était grave, car elle violait les principes démocratiques, et dangereuse, car elle montait des Burkinabés, jugés dignes, contre d’autres, frappés d’indignité nationale au regard de leur simple appartenance politique.

Moins de trois ans plus tard, par opportunisme, l’opposition accueille en son sein ceux qu’elle vouait aux gémonies, pour grossir les rangs de la contestation politicienne.

« Nos hommes politiques nous font honte ! »

Dans toute leur évolution, les oppositions manquent cruellement de propositions pertinentes autres que des invectives et une litanie d’absurdités. Les citoyens ne méritent pas, selon eux, le respect qui exige de proposer un projet de société, un programme ou, a minima, des propositions qui laissent au moins croire à une réflexion sérieuse en amont. En un mot, nos hommes politiques nous font honte !

Entre regroupements contre nature, renonciations idéologiques et opportunisme compulsif, les oppositions n’inspirent plus confiance et poussent même des électeurs désabusés à voter pour des régimes qui pourtant ne gouvernent ni dans la vertu ni dans le respect de leurs engagements. Car, au fur et à mesure de leurs reniements et de leurs postures alambiquées, elles montrent que seul le pouvoir les intéresse et non la volonté d’apporter des ruptures transformatrices dans l’intérêt, notamment, des plus pauvres.

Les cas sénégalais et burkinabé ne sont pas isolés hélas, mais symptomatiques de l’écrasante majorité des oppositions dans nos pays.

« L’opposition congolaise est minable », avait dit le journaliste sénégalais Ousmane Ndiaye relativement aux incohérences de celle-ci dans son bras de fer avec Joseph Kabila et son traitement du retour de la dépouille d’Etienne Tshisekedi.

Je me suis largement exprimé à l’époque sur les Béninois qui avaient choisi les arguments les plus nauséabonds pour fustiger la candidature de Lionel Zinsou à la dernière présidentielle. En Guinée, l’opposition a aussi montré qu’elle ne valait pas mieux que le pouvoir qu’elle combattait. Et la liste est encore longue. Mais le plus important est que ce constat rend urgente l’émergence d’un nouveau leadership politique de rupture et de progrès dont nous pourrions nous sentir, enfin, fiers.

Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.

Hamidou Anne, in www.lemonde.fr/afrique
© Congoindépendant 2003-2017

 

5 Réactions

Elili [dibangu@hotmail.com] 16/06/2017 05:48:34
Chers Compatriotes,
Les hommes politiques et les mouvances politiques, au pouvoir ou dans l?opposition sont minables parce qu?à l?image du peuple. Nous voulons avoir des pays qui sont des Etats avec des institutions qui fonctionneraient au profit de la majorité des citoyens, mais dans l?entre-temps, nous entretenons des attitudes qui ne sont pas favorables à cette fin. Sommes-nous sincères ? Il est inconcevable qu?une institution qui doit, je prends ici un exemple, produire des oeuvres de pensée, ait un profil de son directeur, et que pour sélectionner ce dernier, après avoir organisé un concours de sélection pour avoir le candidat qui convient, l?on engage, une personne sans profil adéquat, qui n?a pas participé au concours, pour la seule raison qu?il est neveu, ou de la tribu de celui qui est chargé de l?engagement. Entre-temps, la personne sélectionnée attendra éternellement sa nomination. Sa seule faute, c?est de ne pas être de la tribu de celui qui était chargé de l?engagement. Cet exemple n?est pas théorique, il est tiré d?une situation réelle. Conséquence, l?institution a été amenée progressivement à son enterrement et on n?en a plus parlé en tant qu?atelier de travail intellectuel. Et alors?, Nous voulons que nos pays sortent de cette situation indescriptible ? Mais que chacun fasse sa remise en question. Il n?y a personne qui soit épargné, nous sommes tous concernés, moi le premier. Sur ce point, revisitons l?article ancien du Dr Bamba-di-Lelo, "j?accuse". Que Dieu nous vienne en aide.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 16/06/2017 10:13:16
Le cas congolais reflète le mieux la médiocrité ou le niveau zéro des oppositions africaines.



Nono [no2.bay@orange.fr] 16/06/2017 12:44:56
Le constat est à ce point juste que dans un pays comme le nôtre, le Congo, l’évidence de l’impuissance coupable de notre opposition face à un pouvoir pourtant manifestement à la dérive saute aux yeux de tous sauf à ceux des aveugles volontaires ou fanatiques invétérés interdits de voir ou incapables de comprendre que ni F Tshisekedi ni Tshibala ne valent peut-être pas mieux que Mende ou Kalev !
La seule nuance à apporter à cette affirmation c’est qu’il ne faut pas non plus renverser les termes de la démonstration : nos oppositions sont certes aussi minables que les pouvoirs qu’elles fustigent mais jusqu’à preuve du contraire ce sont d’abord ces derniers qui conduisent largement nos Etats pas les premières qui peuvent encore bénéficier du doute aussi longtemps qu’elles sont dehors... Juste ne pas non plus construire une grille de lecture comme notre nouveau marronnier autant impropre autour de la médiocrité de nos oppositions sinon de leur retirer la prétention souvent démagogique de se présenter plus honnêtes et davantage capables que leurs adversaires…



chryso [chryso45@hotmail.com] 17/06/2017 15:54:26
j?ecrivais ce qui suit il y a environ 5 ans:
Tuesday, November 13, 2012
L?opposition politique au Congo-Kinshasa: Une fiction et une farce!
Par Chryso Tambu, publié le 13 Novembre 2012


A lire l?article de l?Abbé Faustin Kwakwa, intitulé "Porte-parole de l?opposition: Qu?en penser?"et celui de Monsieur Michel Moto Muhima sous le titre "Porte-parole de l?opposition: Des vérité et ...des contre-vérités!", tous deux publiés dans le site de Congoindépendant.com le 25 octobre 2012 et le 28 octobre 2012, respectivement, il est évident que la classe politique congolaise a réussi à tromper la vigilance de ces deux intellectuels qui font des réflexions ainsi que des observations et recommandations naïves basées sur une hypothèse érronée selon laquelle l?opposition politique au Congo-Kinshasa est une réalité.

Lorsque le président français, François Hollande, déclare, avant de se rendre au Congo-Kinshasa pour le 14ème sommet de la francophonie, que "la situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l?opposition", il confirme une réalité évidente: l?opposition politique n?existe pas! Et refuser d?admettre cette vérité dénote de la malhonnêté ou de l?idiotie ou même les deux en même temps.

Il est vrai qu?il y a multipartisme sous l?imposture avec Hypolite Kanambe alias "Joseph Kabila". En effet, le Congo-Kinshasa compte aujourd?hui plus de 400 partis politiques. Un bon nombre representé par des "députés"- tous sélectionnés et nommés dans l?illégalité par le conseiller spirituel de "Joseph Kabila"et président de la Commission électorale nationale "indépendante" (CENI), le "pasteur" Daniel Ngoy Mulunda - siègent au sein de cet hémicycle qui est une réalisation de la deuxième république avec le "roi du Zaire", le feu maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko, lequel avait restauré le multipartisme vers la fin de son règne. Mais le multipartisme n?est pas synonyme d?opposition. Et ce n?est pas parce qu?il y a multipartisme qu?il y a nécessairement une opposition.

S?il faut prétendre qu?il existe une opposition politique au Congo-Kinshasa, elle est alors "hollywoodienne". Les "députés de l?opposition" jouent presqu?à la perfection leur rôle de figurants dans une mise en scène que seul le génie d?un producteur de cinéma à Hollywood peut rêver. Ils paraissent très convaincants pour ceux qui les jugent par leurs agitations et le ton de leurs discours. Mais lorsque l?on examine attentivement leurs déclarations, on découvre très vite que ces cabotins exercent une autocensure. Tout est permis pour le besoin de la cause - celle de convaincre l?opinion nationale et internationale que le jeu est effectivement démocratique dans cette république "démocratique"que de nom - mais jusqu?à une certaine limite. Et cette limite tient lieu d?une instruction tacite, celle de ne jamais évoquer une question qui risquerait de remettre en question les origines ou l?identité de "Joseph Kabila".

Un exemple éloquant. Dans une interview rendue publique par Congomikili.com le 7 juin 2012, le "député" Roger Lumbala déclarait aux côtés de trois membres des Forces Aquises au Changement (FAC) dont deux de ses collègues, Martin Fayulu et un certain "ndeko" Basile, ainsi qu?un "député gommé" Lisanga Bonganga, à propos du conflit à l?Est du Congo-Kinshasa, après que des témoignages accablants pour le Rwanda aient été révélés par la presse occidentale, ce qui suit: "...nous allons déterminer la responsabilité de tout un chacun parce que si aujourd?hui Joseph Kabila et son gouvernement sont en bons termes, en bonnes relations diplomatiques, familiales mêmes avec le Rwanda et que le peuple congolais subisse les atrocités de ce Rwanda, à ce moment là nous pouvons même initier ce que nous appelons trahison contre le chef de l?Etat pour demander sa démission ou son départ...".

Incidemment, comme par ironie, avec cette même déclaration, Roger Lumbala répond lui-même anticipativement, sans s?en rendre compte, à la question de savoir pourquoi "Joseph Kabila" trahirait le peuple congolais. "Relations familiales", suggère-t-il donc sans élaborer. Il s?agit d?un secret de polichinelle mais il est le noeud du problème à l?Est. Roger Lumbala a juste commis l?imprudence de le mentionner devant les micros et caméras de la presse même s?il a parlé au conditionnel. Ou alors, lui et ses collègues auraient finalement eu marre de cautionner la fraude sur l?identité de celui-là qui dirige le Congo-Kinshasa par défi et, par conséquent, prennaient leur courage de deux mains pour initier une procédure afin de chasser du Congo-Kinshasa ce bébé-éprouvette de Louis Michel avec une identité fabriquée de toute pièce et adopté par la communauté internationale.

Cependant, trois mois plus tard, une trentaine de "membres de l?opposition" décideront, dans une déclaration commune datée du 3 septembre, de recommander au parlement-croupion la mise en accusation de "Joseph-Kabila" pour haute trahison en alléguant plutôt "une complicité du pouvoir en place avec les agresseurs". Mais ce qui est encore plus ridicule c?est que non seulement ils n?ont pas osé pointer directement du doigt l?imposteur-colon rwandais "Joseph Kabila" mais ils se sont empressés de fustiger le vuvuzélateur Lambert Mende Omalanga alors que ce dernier n?est que le "perroquet" de l?imposture.

Par ailleurs, le 1er octobre 2012, dans la réaction des FAC au discours de "Joseph Kabila" à la tribune des nations unies, le coordinateur des FAC, Martin Fayulu, renchérit "...Ce qui est davantage surprenant c?est que, pour un pays agressé, l?on est frappé par le silence assourdissant de Monsieur Kabila sur le nom de l?agresseur de notre pays alors qu?il n?est un secret pour personne qu?il s?agit du Rwanda...". Et Martin Fayulu d?ajouter "...Est-ce la peur du parrain ou la complicité?"

Le peuple congolais serait en droit de répondre à sa question de la manière suivante: Ce qui est davantage surprenant c?est que, pour un pays dirigé par un imposteur-colon, l?on est frappé par le silence assourdissant de Monsieur Fayulu ainsi que de toute la classe politique sur la nationalité de l?imposteur-colon à la tête de notre pays alors qu?il n?est un secret pour personne qu?il s?agit d?un Rwandais... Et le peuple congolais de se poser enfin la question suivante: Est-ce la peur de l?imposteur-colon rwandais ou la complicité?

Une parenthèse. Qu?advient-il de la démarche de mettre en accusation "Joseph Kabila" pour haute trahison? L?urgence ne s?impose donc plus? Incidemment, la corruption légalisée et mensuelle pour les parlementaires aurait été augmentée à $13,000. Si l?information est vérifiée, son timing ne peut pas être une simple coincidence. C?est le Congo-Kinshasa et le dollar américain est maitre! Très curieusement, dans une interview avec Congo News publiée par Congoindépendant en date du 18 septembre dernier, Justin Bitakwira propose déjà à "Joseph Kabila" de "...demander pardon au peuple congolais...". Et ce vendu d?ajouter "...avec ça, on peut rompre et avec l?accusation contre le chef de l?Etat et la motion contre le ministre [de la défense nationale]...". Cet idiot a même recommandé que le Congo-Kinshasa maintienne les relations diplomatiques avec son agresseur, le Rwanda - une situation qu?il juge comparable au conflit entre les Etats-Unis et l?Union Soviétique durant la guerre froide.

Toute la classe politique, plutôt la crasse politique, congolaise collabore ou coopère avec l?imposteur-colon rwandais dans cette mise en scène. Il semble que le cinéma ne va pas se terminer bientôt car cette crasse politique l?a accommodé et ce kadogo n?a plus raison de s?inquiéter. Et pour ces cabotins "députés de l?opposition" qui jouent le rôle de figurant, il s?agit d?un movie rated "R", c?est à dire un film "peuple congolais non admis".


chryso45@hotmail.com



MAYOYO BITUMBA TIPO-TIPO [mbtt05052017@hotmail.com] 19/06/2017 17:06:19
Dans notre article intitulé « Si nous étions à la place du leader de l’opposition », publié par CIC le 10 avril dernier, nous disions la même chose que Mme Hamidou Anne.


 

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