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17 Mars 2017

Isolement :

Congo-Kin : Des banques commerciales indexées par le Trésor US ?

 

Ahmed Kalej Nkand, président du conseil d’administration d’Alliance Bank s.a.

Isolé au plan diplomatique, le Congo-Kinshasa de "Joseph Kabila" est en passe de faire face à une situation analogue au plan financier. Et pourquoi pas économique? Des banques commerciales non affiliées à des groupes internationaux éprouveraient actuellement des difficultés infranchissables à trouver des correspondants. Un handicap majeur dans ce pays - qui ne produit rien et importe tout - où le dollar américain est préféré à la monnaie nationale. Des analystes y voient des pressions exercées par le département américain du Trésor. En clair, le pays se trouve "sous surveillance" de la puissante Amérique. Une nouvelle banque agréée vient de faire l’amère expérience. Elle a choisi de jeter l’éponge...

Par lettre n°GOUV.D.03/0317 datée du 22 mars 2016, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a accordé l’agrément à une toute nouvelle banque «à capitaux congolais» dénommée : AllianceBank s.a.

Le nouvel établissement a pour directeur général Auguste Sengo Nzuzi, un ancien responsable des Opérations à la Standard Bank. Le conseil d’administration, lui, est présidé par Ahmed Kalej Nkand, un nom bien connu. Il s’agit de l’ancien administrateur délégué général de la Gécamines qui est issu de la BCC.

Ouvrons la parenthèse pour rappeler que Kalej Nkand a été limogé le 26 juillet 2014 aux termes d’une ordonnance signée par «Joseph Kabila» pour «manquements graves dans l’exercice de ses fonctions». Cette motivation n’avait pas manqué de faire sourire ceux qui avaient connu la belle époque de la Commission de discipline du MPR Parti-Etat. Officiellement, il a été reproché à Kalej d’avoir surfacturé des matériels d’exploitation minière. Officieusement, l’homme aurait été victime d’une "cabale" fomentée par le duo Albert Yuma Mulumbi-Zoé «Kabila». Après deux années de traversée de la savane, l’ex-ADG a été «blanchi» en octobre dernier par la justice congolaise. Fermons la parenthèse.

Dans une correspondance n° ABBANK/DG/AS/PCA/006 datée du 8 mars 2017, Kalej Nkand et Auguste Sengo Nzuzi ont fait part au gouverneur de la Banque centrale du Congo d’un "épineux problème" que leur banque peine à résoudre douze mois après son agrément. Il s’agit de trouver de correspondants.

Plus inquiétant, Kalej et Sengo de préciser que "l’ensemble du système bancaire" congolais est confronté à ce même problème. «Et rien ne présage une normalisation de la situation à court terme», martèlent-ils.

De quoi s’agit-il? Il semble bien que les banques commerciales basées au Congo-Kin sont accusées de laxisme voire de fermer les yeux sur l’origine douteuse de l’argent déposé par la clientèle. Le mot "blanchiment" est à peine éludé. D’après des sources, trois institutions bancaires tirent leur épingle du jeu : BCDC (ex-Banque commerciale zaïroise), RawBank et TMB (Trust Merchant Bank).

Des correspondants très minutieux

Sur un ton de dépit, Sengo et Kalej lancent : «L’exercice de l’activité bancaire n’étant pas envisageable sans correspondants, nous sommes contraints de surseoir le projet et d’attendre un contexte plus favorable pour concrétiser notre détermination de créer une banque à capitaux congolais ». Et de conclure : "Aussi vous annonçons-nous, non sans regrets, la décision du Conseil d’Administration réuni le 18 janvier 2017 et des actionnaires réunis (...) le 8 février , de renoncer provisoirement à l’agrément".

Il ne fait l’ombre d’un doute que la majorité des banques établies principalement à Kinshasa et à Lubumbashi sont dans le collimateur des autorités américaines. On le sait, celles-ci gardent un «droit de regard» partout où les transactions se négocient en dollar. «Aucune banque locale ne peut se passer de correspondants dans ce Congo où l’économie est dollarisée», explique un banquier.

Question : Pourquoi le problème rencontré par Alliance Bank s.a. se pose-t-il avec autant d’acuité maintenant ? Un économiste joint au téléphone jeudi soir à Kinshasa donne sa lecture : « Les difficultés rencontrées par Alliance Bank s.a. semblent confirmer des informations selon lesquelles sur pression des autorités américaines, les correspondants sont devenus très regardant sur l’actionnariat autant que sur l’historique de l’institution avant d’accepter de travailler avec une banque».

Quid de l’actionnariat d’Alliance Bank s.a? Celui-ci est composé comme suit : Kwanza capital s.a, 8 000 actions (80%) évaluées à 9.600.000 USD ; David William Ezekiel, 1000 actions (10%), 1.200.000 USD ; Lodi Diongo Peter, 500 actions (5%), 600.000 USD ; Mukindji Museu Gabriel, 500 actions (5%), 600.000 USD.

La fratrie "Kabila"

Selon des informations encore fragmentaires, des membres de la fratrie «Kabila» et des proches du «raïs» se dissimuleraient derrière la douce appellation de « Kwanza capital s.a ». Le nom le plus cité est celui est celui d’Albert Yuma Mulimbi, le tout-puissant PCA (président du conseil d’administration) de la Gécamines. Zoé est également cité. Sans omettre Pascal Kinduelo Lumbu ya Ntet, l’actuel PCA de la BCDC. D’aucuns pourraient rétorquer qu’on ne prête qu’aux «riches». Pourquoi pas? Une chose paraît sûre : depuis 16 ans, les «héritiers» de Mzee Kabila ont donné toute la mesure de leur avidité. Ils sont impliqués dans tous les coups où on peut rafler quelques millions de dollars de plus.

La fratrie «Kabila» serait sur le point de prendre le contrôle des principales banques commerciales de la place. Quarante pour cent du capital de la BGFI Bank se trouvent déjà dans l’escarcelle de la "famille". Des sources bien informées indiquent que "Joseph Kabila" a chargé un cabinet d’avocats parisien de négocier le rachat de 60% des parts détenues par la famille Forrest à la BCDC.

La "famille présidentielle" a des vues sur la BIAC. Dans une lettre datée du 1er octobre 2016, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), a donné à la « China Taihe Bank of Congo » l’avis favorable à sa demande d’agrément en qualité de banque opérant au Congo-Kinshasa. Les « Chinois » veulent reprendre la BIAC.

Le problème? Derrière le fameux groupe chinois - dont l’adresse reste inconnue - se dissimule la « famille » représentée Ruwet Mtwale «Kabila». Pour la petite histoire, la BGFI RDC Bank S.A. est dirigée par Francis Selemani… Mtwale. Un "détail de l’histoire" : avant la guerre de l’AFDL, "Joseph Kabila" a eu à porter, à diverses occasions, les patronymes de Mtwale et de Kanambe.

Selon d’autres sources, Zoé «Kabila» figure parmi les actionnaires de la banque nigériane
«Fibank» dont le siège se trouve à Banjul, en Gambie.

La fratrie déballée

En octobre dernier, la fratrie «Kabila» a été déballée. Un déballage de plus après les 15 milliards révélés par le journaliste Richard Miniter et les fameux Panama Papers. Un titre choc barrait, samedi 29 octobre, la manchette du quotidien bruxellois « Le Soir » : « La corruption du régime Kabila vue de l’intérieur ».

Le journal publiait, sous les plumes de Colette Braeckman et de Xavier Counasse, les révélations du Congolais Jean-Jacques Lumumba. Celui-ci est le chef démissionnaire du département des engagements à la BGFI RDC Bank SA que dirige Françis Selemani Mtwale.

On apprenait que dès le lendemain de sa nomination à la tête de la Banque centrale du Congo, le gouverneur Déogratias Mutombo Mwana Nyembo avait ordonné, en date du 29 novembre 2013, le versement d’un montant de 42,999 millions $ au crédit du compte de la société d’import-export "Egal"- une propriété de la fratrie "Kabila" - avec pour libellé : "provision investissement".

Blanchiment

A Kinshasa et à Lubumbashi, des diplomates - dont la mission consiste à représenter l’Etat d’envoi mais aussi à observer et à informer celui-ci sur ce qui se passe dans le pays d’accueil – assistent à un « boom immobilier ». Des parlementaires ont à maintes reprises tiré, en vain, la sonnette d’alarme face à ce qui ressemble à des opérations de blanchiment.

En décembre 2016, l’Agence d’information américaine Bloomberg a enfoncé le clou en dévoilant un réseau de 70 entreprises (or, diamant, banques, cuivre, cobalt, pétrole etc.) qui rapportent plusieurs centaines de millions de dollar au «raïs» ainsi qu’à sa famille. Bloomberg soulignait que «le manque de transparence dans certaines transactions de la famille a causé des dommages à l’économie du Congo ». Ceci explique sans doute cela...

Après Alliance Bank s.a., d’autres établissements bancaires vont-ils mettre la clé sous la porte? Affaire à suivre.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

7 Réactions

Michel-Henri Muzuri [mhmuz1@gmail.com] 17/03/2017 14:34:17
L’episode de la boite AllianceBank est comme l’arbre qui cache la foret, donc le modus-operandi de la vaste Mafia et Etat-voyou sous les Kanambe-Mtwale.

A propos des blanchissements en series, signalons la saisie recente de $50 Million en Cash a Brazza en provenance de la RDC, probablement emmanant des "deals de drogue" en Colombie et transitant par la Presidence" de la RDC.

La fraterie Rwando-Tanzanienne des Kanambe-Mtwale qui pilotent cette vaste Mafia a ses griffes sur tout ce qui bouge en RDC et dans toutes les magouilles a travers leurs complices - dont surtout Albert Yuma et l’Israelien Dan Gertler.

Est-il alors etonnant que le Roublard de Kingakati et sa fraterie n’entendent pas "laisser le pouvoir a n’importe qui" comme le declare le tres-voyou Zoe...?

Voila pourquoi ils s’emplient maintenant a corrompre et instrumentaliser des traitres-opportunistes de la trempe de Badibanga, Olengakhoy et Lisanga pour semer confusion et division au sein du RASSOP et ainsi etouffer l’Alternance.



KUM [kumab2009@hotmail.com] 17/03/2017 16:08:54
L’or, le diamant, les banques, le cuivre, le cobalt, le pétrole..., qui rapportent plusieurs centaines de millions de dollars à l’énergumène semi-lettré qui attérit en perte de vitesse un certain 17 mai 1997 à Kinshasa, bottes en caoutchouc aux pieds; toutes ces richesses, dis-je, servent à le rendre encore plus puissant en achetant les consciences faibles, qui se mettent à crier à tue-tête: "WUMELA!"



lwilu [leo.luilu@yahoo.fr] 17/03/2017 19:01:01

Avant la colonisation, cet immense territoire qu’on appelle république démocratique du Congo n’était qu’un patch work de tribus et d’ethnies. La Belgique les avait rassemblées par la force pour en faire sa colonie et l’exploiter au maximum. Le 30 juin 1960, la force coercitive qui rassemblait les ethnies a disparu et cet immense territoire a perdu son «essence de pays». Qu’y-t-il de commun entre un habitant de Boma et un habitant de Goma ? A Boma on parle kikongo, à Goma on parle swahili. A Boma c’est le matriarcat, à Goma c’est le patriarcat. Etc …

Depuis l’indépendance, les Congolais n’ont pas réussi à développer cet héritage belge. Pire, les Congolais n’ont jamais réussi à gérer leur pays. La preuve ? Au lendemain de l’indépendance, chacun se rappelle des mouvements de rébellion qui ont ravagé le Congo-Kinshasa. Et le summum, c’est en 1992-93, lorsque les Katangais ont massacré et chassé les ressortissants du Kasaï. Qui se rappelle s’il y’a eu la moindre protestation dans les autres provinces du Congo ?

En 1992-93 le Congo-Kinshasa est redevenu un «territoire à ethnies» et le multipartisme a pris naissance, mais sur une base ethnique. Aujourd’hui, ce pays compte plus de 500 partis politiques dont 90% ont une base ethnique. Ne nous leurrons pas, dans cette configuration, le Congo-Kinshasa ne retrouvera pas le niveau économique de la colonie belge ! Ce pays a créé les conditions de sa «non-gestion» et de sa propre destruction.

Le rôle des dirigeants d’un pays, c’est de développer le pays pour le bien-être de ses enfants dans la paix. Est-ce le souci de Kabila et ses lèche-culs ? Chacun sait que leur souci c’est rechercher tous les moyens pour rester au pouvoir à vie ! Laissons Mende devenir président vie à Lodja, et Minaku président à vie à Idiofa, et Kinkey président à vie à Masimanimba, et Boshab président vie à Mweka, et Nehemie président à vie à Goma, et Atundu président à vie à Gemena, et Okitundu président à vie à Kole, etc... Le jour où l’Onu va balkaniser le Congo-Kinshasa, quel Congolais prendra les armes pour défendre l’unité de ce pays merdique ???

En 1960 à la conférence de la table ronde les Belges (qui connaissaient mieux le Congo belge que les pauvres «évolués») avaient préconisé, pour des raisons économiques, de transformer cet immense territoire en un état fédéral. Joseph Kasa-Vubu, le chef historique du Kongo central, avait compris ce que cela représentait pour le Kongo central et avait lutté pour la fédéralisation du Congo !

Noyé dans ce que l’on appelle république démocratique du Congo, le Kongo central ne pourra jamais se développer et les enfants du Kongo central ne connaîtront jamais le bien-être et le bonheur !

Au Kongo central, nous avons des ressources naturelles, des ressources humaines, des infrastructures. Nous avons des hommes qui veulent investir pour le développement économique du Kongo central et le bonheur des enfants du Kongo central. La constitution du Kongo central sera respectée et les élections seront organisées aux dates prévues.



Fortunes [fmulangu@yahoo.fr] 18/03/2017 09:43:15
Iwilu a parfaitement raison. L’absence d’éléments constitutifs d’une nation dans l’espace actuel de la RDC et donc de toutes formes de nationalisme condamne le pseudo état à sa disparition et nous y sommes presque. Les pires des anti-valeurs qui président la vie nationale dans le territoire ont emporté le semblant de forme étatique que les belges avaient entretenu durant leur règne. La RDC ne saurait échapper au sort que lui définissent ses nouveaux maîtres , les tutsis de l’est qui ont juré de la décomposer en plusieurs morceaux et reformer ainsi la carte physique de l’afrique centrale. La tour de babel qui s’en souvient encore !



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 18/03/2017 10:16:04
@Iwilu

Je peux comprendre votre amertume et forcement ce qui semble être une expression de désespoir. Mon frère, ce que vous dites ici, c’est exactement ce à quoi que le rwandais Ruberwa et ses frères de la Légion étrangère rwandaise au Congo veulent pousser les congolais. Si tout le monde se mettait à penser comme vous, l’ONU n’aura même plus besoin de se fatiguer. La balkanisation se fera par les congolais eux-mêmes. Votre propos n’est pas digne d’un Ne-Kongo. Même des vieux fédéralistes comme Kasa-Vubu, Kanza et bien d’autres avaient bien compris l’intérêt d’un Congo uni, dans toute sa diversité.

Reprenez-vous, mon frère. Il faut plutôt encourager l’unité de ce peuple meurtri par des barbares étrangers avides des terres et des richesses congolaises. Il faut leur montrer que les congolais ne sont pas tous comme les Mende & Co.

Reprenez-vous !

Kiaku kiaku, kiangani kiangani !



KUM [kumab2009@hotmail.com] 18/03/2017 12:51:40
Remettre en question la constitution de l’Etat-Nation congolaise c’est être mal intentionné et mal barré.
On n’a qu’aller faire un petit tour dans les pays comme l’Angola ou la Namibie pour vite se rendre compte qu’au Congo de Lumumba c’est le sens du patriotisme qui fait défaut et ce, à cause de l’accaparement du pouvoir par une poignée d’individus irresponsables et égocentristes. Ils se sont plus occupés à se les mettre plein les poches en lieu et place de cultiver l’amour de la patrie dans les coeurs des gens. Il fut un temps où on pouvait entendre dire: "TOTEKA MBOK’ANGO TOKABOLA MBONGO". Eh bien, c’est arrivé comme ils l’ont souhaité. Pour une misérable pittance, ils ont laissé Rwandais, Ougandais, Tanzaniens et autres rapaces de la communauté dite "internationale" envahir leur territoire pour le piller règlementairement.



Nkomi Mbuta [nkomimbuta@gmail.com] 18/03/2017 18:03:24
NON JOS BONGOS VOUS N’ AVEZ PAS COMPRIS , MBUTA IWILU A TOTALEMENT RAISON , VOTRE RDC EST UN FREIN POUR LE RAYONNEMENT DU KONGO CENTRAL . TANT QUE NOUS Y SERONS JAMAIS LE PEUPLE KONGO NE CONNAITRA LE BONHEUR . NOUS AVONS CE QU’IL FAUT CHEZ NOUS POUR BATIR UN PAYS OU COULE LE LAIT ET LE MIEL . L’ HISTOIRE DE "DIVERSITE EST UNE RICHESSE" C’ EST UNE VASTE BLAGUE . LE KONGO CENTRAL SUBIT DES SAIGNEES FINANCIERES DEPUIS LA DEUXIEME REPUBLIQUE ET CELLES CI NE SONT PAS PRETES DE PRENDRE FIN TANT QUE NOUS RESTERONS DANS CE SOIS DISANT PAYS . JE VOUS RETOURNE LA MEME FORMULE ; KIAKU KIAKU KIANGANA KIANGANA


 

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