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11 Janvier 2017

Congolais, la question essentielle n’a toujours pas été abordée

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le compromis politique signé à Kinshasa le 31 décembre 2016 constitue une avancée par rapport à la crise née de la soif du pouvoir pour le pouvoir de Joseph Kabila. Tout en étant le garant de la Constitution du pays, ce dernier narguait le peuple en considérant celle-ci comme un simple chiffon de papier. A la suite de ce compromis, il a désormais le choix entre l’appliquer ou disparaître, soit politiquement et de manière comique comme le dictateur à la toque de léopard, soit physiquement et de manière tragique comme le dictateur arrivé au pouvoir dans les fourgons d’un conglomérat d’aventuriers de tous bords. Joseph Kabila ne réussira pas à réduire au silence tout obstacle à sa folie de puissance et gloire. Il ne parviendra pas à détricoter la Constitution pour continuer à occuper le haut du pavé. Mais, s’il faut se féliciter de ce dénouement heureux tout en ayant à l’esprit que la route sera encore semée d’embûches, esprit pervers des dictateurs oblige, il convient de rester circonspect quant aux lendemains que réservent les élections générales censées clôturer l’énième période de transition qui va bientôt démarrer.

En effet, comme à chaque étape cruciale de sa quête légitime de l’Etat de droit et de dignité depuis l’indépendance, le peuple congolais, à travers sa classe politique, vient de passer à côté de l’essentiel dans la perspective de prochaines élections. Pour découvrir l’essentiel, il suffit de prendre connaissance du communiqué publié par CIC le 03 janvier dernier, celui de l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA).

L’IDGPA recourt à l’image d’un train déraillé pour décrire le parcours du Congo-Kinshasa, des élections de 2006 à la volonté clairement affichée par Joseph Kabila de se maintenir coûte que coûte au pouvoir à l’issue de son deuxième et dernier mandat. A première vue, l’image semble bien appropriée. Car en 2006, les Congolais avaient cru prendre place à bord d’un train nommé démocratie. Ils étaient en droit de rester sereins et d’attendre un transfert pacifique du pouvoir, le premier en 56 ans d’indépendance, le 19 décembre 2016. Mais ils se sont vus mourir en luttant encore et toujours contre un dictateur qui ne voulait pas quitter le pouvoir en dépit de l’interdit constitutionnel qu’il est pourtant censé défendre en sa qualité de magistrat suprême. On peut donc affirmer que leur démocratie de train venait de dérailler.

Le déraillement d’un train a toujours eu lieu dans un cadre bien déterminé de temps et d’espace. Depuis l’intronisation de Joseph Kabila comme président de la république à la suite des élections de 2006 jusqu’au 19 décembre 2016, date de la fin de son deuxième et dernier mandat, quand le train nommé démocratie congolaise a-t-il déraillé ? Quelqu’un pourrait-il indiquer la date ? La question mérite d’être posée. Car, il se pourrait bien qu’il n’y ait eu que l’illusion d’un train nommé démocratie, mais qu’en réalité, un tel train n’a jamais existé et pris le départ. Formulons autrement la question. Après les élections de 2006, la nature de l’imperium détenu par le président de la république était-elle réellement différente de l’étendue des pouvoirs qu’il concentrait entre ses mains avant ces élections, quand on sait qu’après comme avant, il nommait qui il voulait et quand il voulait aux sommets de tous les piliers par excellence du pouvoir que sont l’administration publique, la police, l’armée et les services secrets ?

Accordons maintenant du crédit à l’IDGPA quand il soutient que “le train de la démocratie ayant dangereusement déraillé, les Congolais devraient conjuguer leurs efforts pour le ramener sur la voie”. Cette phrase à elle met en lumière l’essentiel à côté duquel le peuple congolais passe à chacun de ses grands rendez-vous avec l’histoire. Nulle part au monde la première préoccupation face à un train déraillé consisterait à le remettre sur la voie. Partout au monde, la première et la plus importante préoccupation serait d’envoyer des experts en transport ferroviaire rechercher les causes de l’accident. Cela s’explique et se comprend aisément parce que non seulement il n’y a pas d’effet sans cause, mais en plus, seule la connaissance des causes permet d’apporter le remède approprié afin d’éviter la récurrence du déraillement. Par contre, si on se contente de remettre le train déraillé sur la voie, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

On pourrait nous rétorquer que les causes sont si évidentes que l’IDGPA n’a pas jugé nécessaire de les rechercher. Oui, un train peut dérailler à la suite soit d’une erreur humaine, interne ou externe, soit d’un problème technique dans la structure du train même ou celle de la voie. Dans l’esprit du communiqué qui nous intéresse, il n’y a aucun doute que le train de la démocratie congolaise a déraillé à la suite d’une erreur humaine. Car on peut y lire ce qui suit : “L’histoire politique de la RDC est jonchée de textes de constitution, compromis et accords qui n’ont jamais été respectés. Plusieurs documents juridiques souvent signés dans la plus grande solennité ont été rejetés, reniés ou contournés aussitôt après leur signature ou à peine l’encre utilisée avait-elle séché suite au manque de culture de respect des textes et de la parole donnée dans le chef de nombreux dirigeants politiques”.

Le diagnostic est posé. Selon l’IDGPA, le “manque de culture de respect des textes et de la parole donnée” a fait dérailler le train de la démocratie au Congo-Kinshasa. Mais sans avoir soigné les dirigeants politiques de cette maladie, l’IDGPA invite le peuple à remettre le train sur les rails. Sans avoir proposé la moindre thérapie au mal ainsi identifié, l’IDGPA conclut que “l’année 2017 devra marquer la fin des crises politiques récurrentes dues notamment à la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs par le retour à l’ordre constitutionnel et la tenue des élections nationales et provinciales libres et transparentes”. Avec une telle conclusion, on sort du domaine de la rationalité et on entre dans celui du souhait, de la foi ou de la prière.

Il n’y a pas mille et une façons de se positionner face à une anomalie. Partout au monde et depuis que le monde est monde, l’esprit rationnel de l’être humain recommande qu’on se pose deux questions et qu’on y réponde de manière satisfaisante. La première consiste à rechercher la raison d’être de l’anomalie, et la seconde à emmener l’anomalie à se conformer à la norme. La dictature de Joseph Kabila constitue une anomalie par rapport aux attentes de gouvernance démocratique du peuple qui s’était rendu massivement aux urnes en 2006 comme en 2011. Mais face à cette anomalie, les élites congolaises ne se sont jamais posé la première question au niveau national. Et quand on se la pose à titre individuel, ce qui est déjà rare, on ne cherche même pas à confronter ses réponses au simple bon sens afin de trouver la bonne réponse à la seconde question.

Il y a pourtant une façon simple de confronter les différents diagnostics au bon sens. Quand par exemple on estime que la cause profonde des errements de l’Etat congolais se situe au niveau du “manque de culture de respect des textes et de la parole donnée”, où se situe-t-on soi-même ? Parmi ceux qui manquent cette culture ou ceux qui la possèdent ? Si on manque soi-même cette culture, peut-on lancer des reproches aux gouvernants ? Si par contre on croit la posséder, surtout quand on milite au sein de l’opposition ou de la société civile vigilante et progressiste, pourquoi n’explique-t-on pas clairement comment on l’a acquise tout en ayant été pétri dans le même moule national caractérisé par l’absence de cette culture ? Pourquoi ne partage-t-on pas la thérapie à laquelle on aura été soumis ? Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas dans un cercle restreint ou au niveau national ? Pourquoi cette acquisition n’a-t-elle aucun impact sur la gouvernance quand on arrive soi-même au pouvoir ?

Pour que Joseph Kabila recule, les puissances occidentales ont dû brandir des sanctions. La peur du gendarme l’a fait reculer. Dans les démocraties occidentales, cette peur est entretenue non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur par le système politique lui-même. La “culture de respect des textes et de la parole donnée” ne tombe pas du ciel. Elle n’est pas innée. Elle se forge par des mécanismes institutionnels appropriés de contrôle et sanctions. Quand ces mécanismes existent sur papier et non dans les faits, c’est qu’ils ont été mal conçus. Aussi leur efficacité dépend-t-elle du bon vouloir des gouvernants ; ce qui ne devrait pas être le cas. Il appartient donc aux Congolais d’inventer un système politique qui entretienne de l’intérieur la peur du gendarme. Sinon, cette question essentielle n’ayant pas été abordée, il ne faudrait pas s’étonner que demain, le successeur de Joseph Kabila enfile son costume despotique. Albert Einstein l’avait écrit : “C’est de la folie de penser qu’en faisant tout le temps la même chose vous pouvez obtenir des résultats différents”.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
© Congoindépendant 2003-2017

 

9 Réactions

Nono [no2.bay@orange.fr] 12/01/2017 01:47:59
« Docteur Mayoyo et Mister Tipo Tipo » qui là fait le constat d’une avancée dans le compromis politique du 31 décembre et qui ici s’alarme que la « culture du respect et de la parole donnée ne tombe pas du ciel » dans ce même Congo sans que les textes et les mécanismes institutionnels aient sensiblement bougé ? Mauvaise blague de ma part, vous l’aurez compris !

« Dans les démocraties occidentales, la peur du gendarme qui aurait fait reculer notre apprenti dictateur n’est pas entretenue de l’extérieur, mais de l’intérieur par le système politique lui-même… Elle se forge par des mécanismes institutionnels appropriés de contrôle et sanctions. Quand ces mécanismes existent sur papier et non dans les faits, c’est qu’ils ont été mal conçus… Il appartient aux Congolais d’inventer un système politique qui entretienne de l’intérieur la peur du gendarme », nous dites-vous ! Vous ajoutez : « Le gendarme venu de l’extérieur à travers ce compromis donne le choix au dictateur coupable de violation de la Constitution entre l’appliquer ou disparaître politiquement ou physiquement »…

Mais pouvez-vous nous dire ou nous répéter ces « mécanismes institutionnels » non existant ou mal conçus dans nos textes d’aujourd’hui qui viendront jouer ce rôle de gendarme sans que la « culture du respect des textes et de la parole donnée » ne vienne au-delà des textes de notre culture politique, sociale, intellectuelle… ?

C’est là notre ancienne querelle de diagnostic et de priorités ! Je conçois tout à fait qu’à un moment donné l’IDGPA se pose la question de la validité des textes et pas seulement de l’application de ceux existants mais pour appuyer votre légitime thèse de défaut des textes j’aurais voulu que vous insistiez qu’il y est prévu des sanctions en cas de violation et que vous nous démontriez en deux mots comment celles-ci ne sont pas appliquées parce que les textes sont mal conçus et comment d’autres par leur magie rédactionnelle provoqueraient la peur du gendarme sans que le vouloir culturel de nos gouvernants (et de notre société) n’intervienne…



Elili [dibangu@hotmail.com] 12/01/2017 06:35:39
Chers Compatriotes,
L’accord inclusif n’est pas une réponse à la crise provoquée par le silence équivoque du Raïs. Tshisekedi Félix premier ou pas, ce n’est pas la réponse à la question de savoir si le Raïs va prétendre encore à la magistrature suprême ou pas. Le Comité de transition n’est pas non plus une réponse, tant que le Raïs garde encore ce qu’il s’est arrogé comme droits sur lesquels le pays n’a aucun contrôle. Alors, soyons vigilants, car, n’ayant pas de scrupule, il peut se lancer dans des assassinats politiques que nous risquons de déplorer. Il a promis la paix à l’Est, et cette paix tarde à venir. Et quand bien même il aurait introduit dans les institutions du pays les membres du M23 comme étant une voie vers la paix, cette dernière reste toujours un voeu pieux non seulement à l’Est, mais on doit constater que les foyers de destabilisations ont été allumées partout maintenant dans le pays. La situation est devenue telle que même un de ses collabos le plus fervent: le gouverneur du Sud Kivu, lève la voix. Nous devons rester vigilants et ne pas perdre l’essentiel. Que Dieu nous vienne en aide.



Nono [no2.bay@orange.fr] 12/01/2017 14:18:20
PS

Vous nous aurez souligné en creux vous-même, cher Mayoyo, que le « gendarme venu de l’extérieur » dispose d’une autre botte que des simples textes pour faire peur à notre dictateur, une botte que notre culture politique comme notre démocratie balbutiante avec ses capacités institutionnelles maigres en tous domaines sont loin d’avoir… Mais aussi qu’il est possible dans ce cadre sans que nos mécanismes institutionnels ne bougent de faire avancer certaines pratiques et d’en obtenir des fruits qui font progresser un tant soit peu notre démocratie…
Inventez-nous des recettes dans cette veine comme vous nous en avez le génie et vous y trouverez, nous y retrouverons plus aisément des interstices prêts à avaler vos réformes sans nécessairement passer par la priorité de changement radical d’institutions que vous nous avez toujours proposé !

Comment favoriser ou améliorer ce genre de bons textes, ces bonnes nouvelles au sein d’une succession de mauvaises auxquelles l’histoire de notre pays est abonnée ? Voilà aussi le sens de ma remarque et surtout, selon moi, la leçon utile à tirer de ce dernier compromis politique que les Congolais ont eu la lucidité et le courage de conclure entre eux au-delà des pressions extérieures, au-delà de la quête incontournable des uns et des autres pour leurs intérêts individuels ou corporatistes…



Muana ya mokolo lopango [Muana@yahoo.fr] 12/01/2017 15:46:50
L’anomalie doit se conformer à la normalité ! Chiche. Je ne sais pas si l’on peut qualifier des crimes commis en RDC de simple anomalie à rendre conforme à la normalité.

Pourriez vous nous décortiquer la compromission du 31 décembre 2016 et nous expliquer en quoi ce soi-disant compromis constitue une avancée et que contient elle de plus ou de mieux que la constitution.

1.L’ex président sans mandat reste à la tête du pays et garde tous les leviers du pouvoir.

2.Le massacre des congolais continue, les viols en masse, les déplacés sont de plus en plus nombreux, le déversement des populations étrangères en rdc, la présence des armées étrangères sur notre sol (Soudan, Ouganda, Rwanda et Burundi), les charniers devenus des faits divers, le pillage bat son plein...

3.Les exécutions sommaires et les arrestations arbitraires continuent.

4.Le budget lilliputien et ridicule 2017 ne pourra consacrer 40% de la somme prévue à l’organisation des élections selon le chiffre bidon du corrompu Nangaa que le soi-disant accord ne remet pas en cause.

5.Aucune force contraignante ne permet de faire respecter cet accord et il n’existe pas de mécanisme de recours efficace en cas de non respect.

Là où la constitution opposable à tous a été piétinée, on veut nous faire croire que le bout de papier signé avec l’aide de la cenco et qui n’engage que les signataires est un début de solution parce que les occidentaux auraient dit et auraient menacé... parce qu’avant ils n’étaient pas au courant du drame congolais depuis 20 ans.

Quelle plaisanterie Monsieur Mayoyo!!!

Le problème avec vous est que vous pensez avoir la solution à un problème que vous avez mal identifié selon moi.

Tant que vous allez continuer Ă  :

**considérer le génocide congolais et son cortège de maux (charniers et autres) comme une simple anomalie,
** nier que l’actuel président est un imposteur Rwandais sous les ordres de Kagame
** nier l’occupation de la rdc en se basant non pas sur les faits mais sur la définition de 1948
** ...
Vous serez toujours selon moi dans des analyses superficielles. Lisez le livre de Charles Onana sur ces tueurs au cœur de l’Afrique.

Quand le pays est pillé, dirigé par un imposteur Rwandais, l’armée sous contrôle étranger, le peuple massacré, violé... humilié ... c’est quoi la priorité ? Faut-il se réjouir de laisser un Criminel Rwandais à la tête du pays pendant un an ? Soyons sérieux, voyons !







George Ipayi [ipayi_george@gmail.com] 13/01/2017 07:53:25
Cher MBTT
Merci. Comme à ton habitude, c’est du béton ce papier sur le plan argumentaire. Dans l’UDPS, c’est la guerre avec Etienne Tshisekedi qui veut propulser son Felix de fils. Où est le changement ? Il n’y en aura pas. Bonne continuation dans tes efforts de mettre le doigt là où ça fait mal. Un jour peut être que la nation comprendra.



Paysan Congolais [Ebalembonge@laposte.net] 14/01/2017 08:39:28
"Quand ces mécanismes existent sur papier et non dans les faits, c’est qu’ils ont été mal conçus."

Faux.

Les institutions ne sont jamais que tributaires de l’environnement anthropologique dans lequel elles se déploient. S’il est vrai qu’elles vont par la suite influencer cet environnement, il n’en reste pas moins que ledit environnement précède lesdites institutions.

Face à la mauvaise foi caractéristique de la classe politique et une société dans son ensemble tombée dans l’anomie, les textes à eux seuls ne peuvent rien faire.

Une fois de plus, vous retombez dans votre erreur habituelle : penser que les textes ou les institutions ont une force autonome qui leur permettraient de s’imposer au corps social. Aussi longtemps que les gens n’auront pas intégré l’idée qu’ils DOIVENT respecter les textes, et de manière générale les normes, qu’elles soient juridiques ou pas, le contenu de ces derniers n’aura aucun effet sur eux.

Le Congo devra passer par une dictature éclairée, ou du moins un régime autoritaire.



Nono [no2.bay@orange.fr] 15/01/2017 02:04:46
PS
Vous nous aurez souligné en creux vous-même, cher Mayoyo, que le « gendarme venu de l’extérieur » dispose d’une autre botte que des simples textes pour faire peur à notre dictateur, une botte que notre culture politique comme notre démocratie balbutiante avec ses capacités institutionnelles maigres en tous domaines sont loin d’avoir… Mais aussi qu’il est possible dans ce cadre sans que nos mécanismes institutionnels ne bougent de faire avancer certaines pratiques et d’en obtenir des fruits qui font progresser un tant soit peu notre démocratie…
Inventez-nous des recettes dans cette veine comme vous nous en avez le génie et vous y trouverez, nous y retrouverons plus aisément des interstices prêts à avaler vos réformes sans nécessairement passer par la priorité de changement radical d’institutions que vous nous avez toujours proposée !
Comment favoriser ou améliorer ce genre de bons textes, ces bonnes nouvelles au sein d’une succession de mauvaises auxquelles l’histoire de notre pays est abonnée ? Voilà aussi le sens de ma remarque et surtout, selon moi, la leçon utile à tirer de ce dernier compromis politique que les Congolais ont eu la lucidité et le courage de conclure entre eux au-delà des pressions extérieures, au-delà de la quête incontournable des uns et des autres pour leurs intérêts individuels ou corporatistes…



Jean Louis Mambwene [mambwene_jlk@yahoo.fr] 17/01/2017 17:32:41
@MBTT
Je vais être satisfait le jour où un lecteur va répondre à vos questions posées dans l’avant dernier paragraphe. En effet pour moi, ces questions me semblent très intéressantes et pertinentes comme soutien des arguments qui soutiennent la thèse défendue.



Nono [no2.bay@orange.fr] 17/01/2017 23:23:23
@Paysan Congolais

Bravo, cher ami d’avoir répondu ceci à notre Mayoyo National :
« "Quand ces mécanismes existent sur papier et non dans les faits, c’est qu’ils ont été mal conçus."
Faux.
Les institutions ne sont jamais que tributaires de l’environnement anthropologique dans lequel elles se déploient. S’il est vrai qu’elles vont par la suite influencer cet environnement, il n’en reste pas moins que ledit environnement précède lesdites institutions… »

Vous répétez en quelques phrases de façon claire et complète l’essentiel de la critique à opposer à ses propositions : la primauté de « l’environnement anthropologique » d’un groupe donné sur ses différentes productions sociales... Ce sont donc d’abord ses particularités socio-économiques, culturelles et physiques qui l’inciteront à se doter de tels textes constitutionnels, de tels mécanismes institutionnels... Dans tous les cas ces derniers ne prendront jamais ou difficilement s’ils tombent du ciel fût-ce via l’imagination la plus géniale ; c’est le processus contraire qui constitue la voie naturelle...

C’est pourquoi, et vous avez raison de le souligner, lorsqu’on veut changer intentionnellement et en peu de temps la réalité politique et sociale d’un groupe humain, le procédé est bien plus prioritaire que le contenu lui-même, que les textes : un despotisme éclairé ou alors un régime autoritaire ?
C’est là où le concept de « révolution culturelle » prend tout son sens…


 

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