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02 Janvier 2017

Cohabitation :

Le Rassemblement Ă  l’épreuve du pouvoir !

 

Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président du Conseil des sages du "Rassemblement " lors du Conclave du 8 au 10 juin 2016 à Genval.

Les Ă©vĂȘques catholiques sont en passe de gagner leur pari. Loin est dĂ©sormais l’époque oĂč ils quittaient la CitĂ© de l’Union Africaine sous les huĂ©es des chefs des confessions religieuses proches du pouvoir kabiliste. En cause, l’absence d’inclusivitĂ© lors du dialogue « facilitĂ© » par l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo. Les « discussions directes », sous l’égide de la Cenco (ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo) entre des signataires et des non-signataires de l’accord politique du 18 octobre ont abouti, dans la soirĂ©e du 31 dĂ©cembre, Ă  la conclusion d’un «compromis politique». SignĂ© tard dans la soirĂ©e, cet arrangement est censĂ© organiser la cogestion du pays durant une pĂ©riode transitoire d’un an jusqu’à la tenue des Ă©lections. « Joseph Kabila » reste Ă  la tĂȘte de l’Etat. L’exĂ©cutif national, lui, sera dirigĂ© par une personnalitĂ© dĂ©signĂ©e par le « Rassemblement». Il en est de mĂȘme du « Conseil national de transition ». PrĂ©sident du Conseil des sages de cette coalition politique nĂ©e Ă  Genval en juin dernier, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et ses camarades et alliĂ©s vont ĂȘtre confrontĂ©s Ă  l’exercice du pouvoir. Ici, « parler moins et agir plus », devrait ĂȘtre la rĂšgle d’or. Autre rĂšgle d’or : la transparence. Il s’agit, pour le futur gouvernement de large union nationale, de dire ce qu’il fait et de faire ce qu’il dit. Le chemin Ă  parcourir est encore long. Les piĂšges ne manqueront pas


« Mieux vaut un mauvais accord qu’un bon bain de sang ». C’est la rĂ©flexion faite Ă  l’auteur de ces lignes par un religieux joint au tĂ©lĂ©phone samedi soir Ă  Kinshasa. AprĂšs un long suspens qui avait mis Ă  bout les nerfs tant des Congolais que des diplomates Ă©trangers, la fumĂ©e blanche a fini par s’élever, peu avant minuit, du Centre interdiocĂ©sain.

BĂ©atitudes

Président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco), Mgr Marcel Utembi Tapa, semblait
dans un Ă©tat de bĂ©atitude. Pour lui, cet accord n’est ni plus ni moins qu’un « cadeau de nouvel an que la classe politique a bien voulu offrir au peuple congolais pour une transition apaisĂ©e et l’organisation des Ă©lections libres, transparentes et dĂ©mocratiques».

Pour lui, le document soumis Ă  la signature du personnel politique est bel et bien une « Ă©manation d’un consensus gĂ©nĂ©ral » des signataires et non signataires de l’accord du 18 octobre 2016 de la CitĂ© de l’Union africaine, « conformĂ©ment au vƓu Ă©mis par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Joseph Kabila, en initiant ce deuxiĂšme round de dĂ©bat politique ».

S’agissant du contenu, on retiendra pour l’essentiel : « Joseph Kabila » reste Ă  la tĂȘte du pays jusqu’à l’installation de son successeur Ă©lu ; il ne briguera pas un troisiĂšme mandat ; l’élection prĂ©sidentielle, les lĂ©gislatives et les provinciales seront tenues avant fin dĂ©cembre 2017 ; aucune tentative de rĂ©vision de la Constitution et de son changement ne sera consentie pendant la pĂ©riode prĂ©-Ă©lectorale et Ă©lectorale.

Durant la pĂ©riode transitoire, l’exĂ©cutif national sera dirigĂ© par un Premier ministre issu du «Rassemblement ». Un Conseil National de Suivi de l’Accord, composĂ© de 28 membres, sera dirigĂ© par le PrĂ©sident du Conseil des sages du Rassemblement, assistĂ© de trois vice-prĂ©sidents, d’un rapporteur et d’un questeur. La Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante sera « redynamisĂ©e » par le renforcement du contrĂŽle de sa gestion technique et financiĂšre.

DĂšs mardi 3 janvier 2017, les parties doivent se retrouver pour Ă©laborer un « arrangement particulier » pour rĂ©gler quelques questions. C’est le cas notamment du calendrier de l’application de l’accord, de la composition de l’exĂ©cutif tant au niveau national que des vingt-six provinces du pays. Les Ă©vĂȘques vont se charger de l’épineux dossier de « dĂ©crispation du climat politique ». Dans une interview accordĂ©e Ă  l’hebdomadaire « Jeune Afrique », MoĂŻse Katumbi Chapwe qui vit en exil en Europe dit avoir « remis son cas » entre les mains des Ă©vĂȘques. Les dĂ©tenus EugĂšne Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo Kyassa, MoĂŻse Moni Della seraient dans la mĂȘme situation. Il faudra dorĂ©navant ajouter Franck Diongo Shamba dont l’embastillement remonte Ă  moins d’une semaine.

« Un accord non inclusif »

Le nonce apostolique Ă  Kinshasa a accompagnĂ© les Ă©vĂȘques de la Cenco tout au long des tractations. « L’accord ne sera pas la fin de tous les problĂšmes, il faut prĂ©parer les Ă©lections », a-t-il dĂ©clarĂ©. Et d’ajouter : « Mais on aura un cadre juridique qui n’existe pas en ce moment. La Constitution dit clairement que le prĂ©sident a fini son deuxiĂšme mandat. Quelle est la lĂ©galitĂ© de ce gouvernement s’il n’y a pas un consensus Ă©largit ? »

InterrogĂ© par RFI, le PPRD Emmanuel Ramazani Shadari qui est par ailleurs ministre de l’IntĂ©rieur a manifestĂ© un enthousiasme modĂ©rĂ©. Il a estimĂ© que l’accord du Centre interdiocĂ©sain «n’a pas Ă©tĂ© inclusif ». Au motif que « beaucoup de gens » ne l’ont pas signĂ©.

C’est le cas du MLC avec Eve BazaĂŻba Masudi et des personnalitĂ©s telles que JosĂ© Makila Sumanda et Jean-Lucien Bussa respectivement ministre des Transports et du Plan dans le gouvernement du Premier ministre Badibanga. La secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du MLC suspecte le Rassemblement d’ĂȘtre juge et partie.

Pour le ministre Ramazani, la Cenco devrait approcher ceux qui se sont abstenus de signer. « C’est pour cette raison que nous, la majoritĂ©, avons signĂ© cet accord avec rĂ©serve », a-t-il soulignĂ©.

"Président mal élu et réélu"

Lors de l’élection prĂ©sidentielle de 2006, « Joseph Kabila » - qui avait esquivĂ© un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© avec son challenger Jean-Pierre Bemba Gombo - a Ă©tĂ© « mal Ă©lu ». Dans un communiquĂ© datĂ© du 14 novembre 2006, la coalition politique « Union pour la Nation » (UN) avait accusĂ© la Commission Ă©lectorale indĂ©pendante d’abuser « de la bonne foi de Jean Pierre Bemba et de l’Union pour la Nation en utilisant l’accord AMP-UN, sur l’acceptation par les protagonistes des seuls rĂ©sultats publiĂ©s par la CEI pour manipuler, Ă  sa guise, les rĂ©sultats du second tour (
) dans le but d’amĂ©liorer le score du candidat Joseph Kabila dont il est, pourtant de notoriĂ©tĂ© publique qu’il a Ă©tĂ© largement devancĂ© par Jean Pierre Bemba Gombo dans six provinces sur 11 ». Il faut dire qu’à l’époque le PrĂ©sident sortant Ă©tait le « chouchou » du monde occidental.

En 2011, « Joseph Kabila » a Ă©tĂ© « mal rĂ©Ă©lu » face Ă  Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Les observateurs tant nationaux qu’internationaux ont dĂ©noncĂ© des graves cas d’irrĂ©gularitĂ©s et de fraudes. La mission d’observation du Centre Carter avait eu ces mots : « L’organisation et la gestion chaotique des Ă©lections du 28 novembre 2011 par la Ceni ont engendrĂ© une crise de lĂ©gitimitĂ© sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire de la RDC. La recherche de solution Ă  celle-ci impose aux acteurs congolais un franc dialogue et un rĂ©el consensus (
) ».

Passant outre ces recommandations, le 20 dĂ©cembre 2011, « Joseph Kabila » organisa la cĂ©rĂ©monie de son investiture. Un seul chef d’Etat Ă©tait prĂ©sent : le ZimbabwĂ©en Robert Mugabe. Le 23 dĂ©cembre, Etienne Tshisekedi wa Mulumba dĂ©cida de prĂȘter serment en tant que « PrĂ©sident Ă©lu ». C’est ici que la crise politique va se corser.

Accord-cadre d’Addis Abeba

Le 24 février 2013, onze pays (Afrique du Sud, Angola, Burundi, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie, Zambie) dont le Congo-Kinshasa signent à Addis Abeba le fameux « Accord cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la Région ».

L’Etat congolais s’est engagĂ© notamment Ă  « promouvoir la rĂ©conciliation nationale, la tolĂ©rance et la dĂ©mocratisation ». Il s’agit donc d’organiser un dialogue afin de recrĂ©er les sources de lĂ©gitimitĂ© par la mise sur pied d’un gouvernement de transition. Le pouvoir kabiliste est restĂ© indiffĂ©rent tout en multipliant des artifices pour prĂ©parer l’opinion Ă  l’hypothĂšse d’un troisiĂšme mandat pour « Joseph Kabila ».

En juin 2013, on assiste Ă  la sortie de l’ouvrage « Entre la rĂ©vision de la Constitution et l’inanition de la nation ». L’auteur n’est autre qu’Evariste Boshab, alors secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti prĂ©sidentiel. Sa thĂšse est simple : « Toute Constitution est rĂ©visable ».

En mai 2015, « Joseph Kabila » chargea finalement son chef barbouze Kalev Mutondo d’aller sonder les principaux leaders politiques en vue de la tenue d’un dialogue. C’est l’échec !

Dans un entretien avec « Le Soir » de Bruxelles datĂ© du 10 aoĂ»t 2015, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, alors ministre des Relations avec le Parlement, passe aux aveux : « (
) c’est ce dialogue qui devrait permettre de modifier la Constitution en faveur du suffrage indirect, il y a moyen de rĂ©amĂ©nager
 ». En clair, "Kabila" rĂȘve de faire rĂ©viser la Charte fondamentale afin d’instaurer l’élection prĂ©sidentielle au suffrage universel indirect. "La dĂ©mocratie nous coĂ»te trop cher", dĂ©clarait l’intĂ©ressĂ© lors d’une consultation avec des parlementaires.

Le 28 novembre de la mĂȘme annĂ©e, « Joseph Kabila » signa une ordonnance portant convocation d’un « dialogue politique national inclusif ». « Le dialogue porte principalement sur l’organisation d’un processus Ă©lectoral apaisĂ©, (
) et sur toutes les questions connexes au processus », lit-on.

Le 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle, statuant sur une requĂȘte en interprĂ©tation du deuxiĂšme alinĂ©a de l’article 70 de la Constitution, a pris l’arrĂȘt controversĂ© autorisant le PrĂ©sident sortant Ă  rester en fonction « jusqu’à l’installation effective du nouveau PrĂ©sident Ă©lu ».

Ni gagnant, ni perdant

AprĂšs plusieurs rĂ©unions secrĂštes entre les kabilistes et des envoyĂ©s d’Etienne Tshisekedi, celui-ci dĂ©cide de mettre fin Ă  ces contacts. Le 10 juin 2016, une large coalition politique voit le jour Ă  Genval, en Belgique francophone. Il s’agit du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement ». « Prenons acte de la fin du deuxiĂšme et dernier mandat de Monsieur Joseph Kabila Kabange le 19 dĂ©cembre 2016 Ă  minuit et saluons son dĂ©part du pouvoir le 20 dĂ©cembre 2016 Ă  0h00 », peut-on lire dans l’Acte d’engagements de ce groupement.

Qui a gagnĂ© ? Qui a perdu ? Force est de constater qu’entre "Joseph Kabila" et ses opposants, il n’y a ni gagnant, ni perdant. Certes, le Rassemblement est en passe de soumettre ce dernierĂ  une sorte de cohabitation qui ne pourrait ĂȘtre qu’explosive. N’empĂȘche. L’homme est toujours Ă  la tĂȘte du pays. Il contrĂŽle la force publique, les services et le TrĂ©sor public. Durant un an, beaucoup d’eau vont couler sous les ponts.

Dans son message de vƓux de nouvel an, « Kabila » n’a pu s’empĂȘcher de narguer ses adversaires tant politiques que ceux issus de la sociĂ©tĂ© civile en dĂ©clarant que ceux-ci « ont expĂ©rimentĂ© les limites des dĂ©rives de la stratĂ©gie d’appel Ă  la violence (
) ».

ConfortĂ© par les moyens de coercition sous son contrĂŽle, il a lĂąchĂ© une phrase qui subodore qu’il rĂȘve encore et toujours d’un troisiĂšme mandat via une rĂ©vision constitutionnelle. « Seul notre peuple dans sa souverainetĂ© devra demeurer la source du pouvoir dans notre pays par la voie des urnes conformĂ©ment au prescrit constitutionnel ».

Il faut espĂ©rer que l’accord conclu le 31 dĂ©cembre 2016 au Centre interdiocĂ©sain n’aura pas Ă©tĂ© un marchĂ© des dupes. Il faut espĂ©rer Ă©galement que le Rassemblement profitera de sa participation au pouvoir pour dĂ©montrer la prĂ©figuration de sa conception non seulement de la gouvernance politique mais aussi du Congo de demain.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

13 Réactions

Elombe [Odimba@hotmail.fr] 02/01/2017 05:35:22
Le dĂ©fi pour Tshesekedi aujourd’hui, c’est de se sortir de la double cohabitation avec le deux "K",Kabila et Katumbi qui Ă©taient il y a peu des alliĂ©s. Kabila, en restant Ă  la tĂȘte de notre pays pour une annĂ©e supplĂ©mentaire sera encore un adversaire redoutable. Disposant de tous les moyens rĂ©galiens de l’Etat, sa capacitĂ© de nuisance reste intacte. Pour ce qui est de l’affairiste Katumbi, accessoirement financiĂšr du rassemblement, ses ambitions sont connues; il veut prendre la place de son ancien mentor Kabila, le problĂšme est que Tshisekedi malgrĂ© son Ăąge nourrit la mĂȘme ambition, alors on aimerait voir comment L’UDPS va rĂ©soudre cette Ă©quation Ă  plusieurs inconnus. De mon point de vue, Tshisekedi et son parti se sont enfermĂ©s dans une situation inextricable qui a consistĂ© Ă  vouloir chasser un dictateur tout en sauvent un adversaire potentiel. Cette quadrature du cercle va crĂ©er une ambiance irrespirable durant toute cette annĂ©e. Les cadres de l’UDPS doivent faire attention si non leur champion affaibli par l’ñge et la maladie risque de leur faire tout perdre alors qu’il sont dans l’antichambre du pouvoir. C’est maintenant que les choses sĂ©rieuses commencent. Qui vivra verra.



assambala [alnoch@hotmail.com] 02/01/2017 09:44:41
Nous n’arrivons pas Ă  comprendre l’activisme de François Mwamba dans la dĂ©lĂ©gation du Rassemblement au dialogue.
A notre connaissance,il était déjà membre de la MP?
Le Rassemblement serait-il donc devenu une blanchisserie?
PriĂšre nous Ă©clairer BAW.



Belewono [belewono@yahoo.co.uk] 02/01/2017 09:46:47
Si les opposants et la societĂ© civile ont expĂ©rimentĂ© les limites des dĂ©rives de la stratĂ©gie d’appel Ă  la violence (
), kabila a experimentĂ© les limites des tueries d’un peuple sans armes, ainsi que de la corruption et de l’achat des mercenaires. Il ne saura soumetre les Congolais Ă  la dictature nouvelle sans qu’il soit neutralisĂ© de l’interne par une resistance pacifique "dĂ©sobĂ©issance civile" et de l’exterieur par la confiscation des reprĂ©sentations du Congo et des ses avoir en occident. Pourquoi refuse-t-il le retour de Katumbi s’il n’a pas eut trĂšs mal? Nous le tenons avec son entourage Ă  l’oeil. On lui a accordĂ© 1 an pour plier et Ă©vacuer ces mercenaires dans le calme. S’il juge pas nĂ©cĂšssaire de vivre au Congo aprĂšs DĂ©cembre 2017, qu’il transporte ses bĂ©tails ailleurs et vende ces immobiliers pour s’en aller en paix. Mijoter mettre le feu Ă  la case Congo ne lui sera plus possible et lui et son entourage risquent d’ĂȘtre calcinĂ©s avant que le Congo consume. Demeurons vigilants chers compatriotes. Vive le Congo, Vive les Congolais.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 02/01/2017 11:28:36
DrĂŽle de cadeau de Nouvel an que celui fait par les Ă©vĂȘques au peuple congolais. Comme le veut la formule, mieux vaut un mauvais accord que pas d’accord du tout. Oui, mais, Ă  quoi sert un ‘’mauvais accord’’ s’il ne rĂšgle pas les problĂšmes? En fait, le message cardinal qu’on nous passe ici est le suivant : la constitution ne sert Ă  rien. C’est un chiffon, qu’on utilise selon les besoins. En vĂ©ritĂ©, on peut diriger un pays avec des ‘’accords’’. Nous sommes au Congo oĂč les gens marchent sur la tĂȘte. Nous allons nous en contenter. ObligĂ©s, faute de mieux.

Quant au ‘’Rassemblement’’, le dĂ©fi majeur va consister Ă  essayer de donner une signification Ă  ce proto-Ă©tat qu’est le Congo. RĂ©parer ce qui peut l’ĂȘtre, rĂ©inventer des mĂ©canismes qui allĂšgent la misĂšre du peuple et organiser les Ă©lections ‘’avant la fin de l’annĂ©e 2017’’. J’espĂšre que les Ă©vĂȘques ont en tĂȘte un chronogramme prĂ©cis. Sinon, c’est juste une farce.

Pour cette pĂ©riode de ‘’transition’’, dans le sens d’un Congo post-rwandais, il n’est point besoin d’un gouvernement Ă©lĂ©phantesque. Une Ă©quipe expĂ©rimentĂ©e et compĂ©tente de moins de trente ministres serait suffisante. Tout le monde ne doit pas ĂȘtre ministre.

L’action politique efficace exige : un diagnostic clair ; une vision collective de l’avenir ; un programme stratĂ©gique de mesures ; un plan d’exĂ©cution.

AUX ACTES DIRIGEANTS !



chryso [chryso45@hotmail.com] 02/01/2017 12:52:45
Ignorant la pertinence ou refusant de reconnaitre entre autres l’exception implicite creee par l’article 70 alinea 2 qui elimine tout aspect imperatif dans l’organisation d’une “election” presidentielle dans le delai “constitutionnel”, le professeur Andre Mbata aurait-il commis l’imprudence non seulement de s’attaquer a la personne de Didier Maus en denigrant ses merites academiques ou en remettant en cause ses competences juridiques, mais aussi en precisant - afin d’apppuyer son argumentation - que ce dernier avait ete, selon lui, recruited comme lobbyst pour l’interet du pouvoir en place a Kinshasa? Mais que dirait-il alors de la Cenco ainsi que de tous les signataires de ce document produit par elle et qui reprend explicitement l’article 70 alinea 2 et implicitement l’article 75 de cette charte du pouvoir d’occupation reconnue a tort comme la “Constitution” de la “Republique democratique” du Congo et qui permet le “glissement “?
Par consequent, cet eminent juriste qu’est le professeur Andre Mbata ne doit-il pas alors reconnaitre l’erreur de son jugement au sujet de l’interpretation de l’article 70 alinea 2 et meme celle de l’article 75 sur la vacance et s’excuser aupres de Didier Maus?



François NZITANU [fambonga1@outlook.fr] 02/01/2017 16:49:51
L’importance de cet accord est d’avoir mit fin aux dĂ©rives non seulement dictatoriale et surtout du dĂ©sordres. En rĂ©alitĂ© ces trois derniĂšres annĂ©es la RDC n’était pas gouvernĂ©e. Toutes les Institutions du pays Ă©taient tĂ©tanisĂ©es naviguant selon l’humeur et la respiration de l’Institution PrĂ©sidence de la RĂ©publique. Pour avoir ignorĂ© la Constitution du pays, la MP a fait de la RDC un lieu dit. Pendant environ trois ans la RDC n’était ni une Nation encore moins un Etat.
Le mĂ©rite de la CENCO est d’avoir stoppĂ© ce dĂ©rive. Cependant, tout reste Ă  faire. En effet, beaucoup des choses sont Ă  Ă©claircir dans cet accord; Notamment les relations entre un prĂ©sident de la rĂ©publique hors mandat, car n’ayant plus ni lĂ©galitĂ©, ni lĂ©gitimitĂ©; et le Premier Ministre issue du compris politique. C’est en effet, lĂ  que nous apprĂ©cierons la capacitĂ© du Rassemblement de conduire la RDC. Car mine de rien la tĂąche la plus ardue qui attend le future Premier Ministre est de ramener le fonctionnement des Institutions de la RDC aux normes dĂ©mocratiques conformes Ă  la Constitution.
Ne nous leurrons pas, durant un dĂ©cennie le rĂ©gime Kabila a tellement massacrĂ© la constitution qu’il y a eu inversion des valeurs. Si bien que nous vivons aujourd’hui dans un pays oĂč les voleurs, les assassins et les violeurs ont plus des droits que des hommes honnĂȘtes. Pour ceux qui ne le savent pas, sachez que la RDC notre pays est aujourd’hui considĂ©rĂ© comme un repaire des malfrats de tous ordres au monde. Raison pour laquelle nous exhortons le Rassemblement de dĂ©signer Ă  la Primature un homme de poigne, un homme avec des convictions biens tranchĂ©es. Un homme des principes qui sait d’oĂč nous venons et oĂč nous allons.



Celestin Muzuri [celemuz@yahoo.fr] 02/01/2017 17:23:46
Merci cher BAW pour votre sommaire qui nous eclaircit sur cet Accord enfin en place entre la MP et le RASSOP. Comme le dit bien Msgr. Utembi, mieux vaut un Accord imparfait qu’un bain de sang.

Merci aussi pour vos exhortations au Rassemblement afin qu’il puisse exercer le pourvoir de Transition avec responsabilite et non pas comme tremplin vers un enrichissement rapide dans un Pays appauvri par 15 ans de Kleptocracie.

Nous suggerons aussi a Felix Tshisekedi d’etre plus realiste et humble dans ses pretentions vu ses "limites" evidentes. Il pourrait servir comme un des vice-1er Ministres ou Ministre d’Etat; mais non pas comme 1er Ministre.

Nous sommes aussi d’accord avec notre compatriote Jo Bongos qui suggere un Gouvernement de Transition tres restreint de 30 (nous dirions meme pas plus de 50) membres, et non pas le monstre budgetivore de Samy Badibanga.

Quant a ceux comme les Bussa, Makila, et Badibanga, et le PPRD Shadari Ramazani, qui n’ont pas voulu apposer leur signature a ce compromis, on les comprend: Ils siegent au sein du pseudo-gouvernement d’union-bidon. Il est donc dur d’arracher un morceau d’os des machoires d’un "chien crevant".

Enfin en guise de reponse a Assambala ci-dessus qui continue dans sa logique d’exclusion en se demandant comment Francois Mwamba se retrouverait parmi les negociateurs du RASSP, que Assambala pose cette meme question a Pierre Lumbi, ou a Olivier Kamitatu, ou a Christophe Lutundula, tous ex-cadres de la MP, aujourd’hui au RASSOP, qui ont brillament defendu la cause de cette grande Coalition de la vraie Opposition aux assises de la CENCO.
A Assumbala: Mieux vaut se taire quand on a rien a contribuer au debat.



Christian [christian@yahoo.fr] 02/01/2017 19:33:18
Je parie que les kabilstes sont en ce moment dans la prĂ©paration du plan C, celui de laisser pourrir les tenants et les aboutissants de cet accord, et proroger le mandat de monsieur mille identitĂ©s encore et encore, jusqu’à lui octroyer un mandat de 5 ans sans Ă©lection.
Une chose parait certaine, "kabila" est atteint et diminuĂ©; il n’a plus les mĂȘmes pouvoirs de vie et de morts qui lui permettait de massacrer les congolais.
Ses mĂ©thodes barbares comme Ă  l’époque de Viking, on l’a vu derniĂšrement lorsqu’il a fait tabasser le dĂ©putĂ© Frank Diongo, certains tĂ©moins du lynchage ont vu son propre frĂšre ZoĂ© Ă  la rĂ©sidence du dĂ©putĂ© pour s’assurer que l’homme Ă©tait rĂ©ellement battu jusqu’à mort. ZoĂ© aurait lancĂ© Ă  Frank Diongo en Anglais: You have to laugh a lot, we will break your mouth and you will understand now that Congo belongs to us (Vous avez beaucoup rigolĂ©, on va vous casser la gueule et vous comprendrez maintenant que le Congo nous appartient)!
Voilà le Congo des "kabilas" aujourd’hui, demain nous devrions les poursuivre en justice pour tous les crimes commis depuis plus de 15 ans. Ces voyous sortis de nulle part, ont mis le pays par terre, le Rassemblement a du travail pour redorer le blason.



Elili [dibangu@hotmail.com] 03/01/2017 06:14:52
Chers Compatriotes,
Le rassemblement a perdu dans les nĂ©gociations. Le RaĂŻs est restĂ© en place, et le rassemblement a la primature. Je dois me tromper si je dis que le rassemblement va parler d’un seul langage, et avoir une stratĂ©gie. Jusque lĂ  le RaĂŻs n’a pas dit s’il va se prĂ©senter aux Ă©lections ou pas. Il dit qu’il va seulement respecter la constitution. Et sa maniĂšre de suivre la constitution c’est en donner une interprĂ©tation qui va dans le sens de ses aspirations. Quand je parle du RaĂŻs, je ne parle pas uniquement du Fils de Kanambe, mais de toute son Ă©quipe, en commençant par "Lambert Mende"(descendant de Ngongo Lutete, collaborateur de Tipo Tipo: esclavagistes). N’oublions pas l’histoire. Le rassemblement s’est en lisĂ© dans les rĂ©clamations insensĂ©es de libĂ©ration des prisonniers politiques, ce qui n’était pas la cause de la crise. Ici, le rassemblement rĂ©cupĂšre une situation au profit de ces prisonniers qui sortiraient automatiquement de ces prisons, si le rassemblement avait rĂ©ussi que le RaĂŻs n’assure pas la transition et qu’il y ait une commission de transition et que le RaĂŻs soit en attente de faire la remise reprise avec le prochain chef d’Etat qui serait issu des Ă©lections. Il faudra aussi reconstituer la CENI qui devrait ĂȘtre constituer d’experts indĂ©pendants, et mĂȘme d’observateurs Ă©trangers qui seront invitĂ©s Ă  participer Ă  de diffĂ©rentes opĂ©rations sensibles organisĂ©es par cet organe. Le rassemblement ne se trompera pas, je suppose, de nommer Kamerhe comme premier ministre, ni Katumbi, ni les transfuges du MLC. A mon avis, l’accord qui a Ă©tĂ© signĂ© est un accord qui n’a rien sauvĂ©, sinon donnĂ© un crĂ©dit supplĂ©mentaire au RaĂŻs qui va en tirer profit du moment qu’il garde son armĂ©e personnellement et ses services gagnĂ©s Ă  sa cause. Je pressens que le martyr du peuple va encore continuer et qu’il lui faudra du courage.



Kimpwanza Dia Kongo [kimpwanzadiakongo@yahoo.fr] 03/01/2017 11:48:51
NOUS VOULONS DIOMI NDONGALA A LA PRIMATURE ET PERSONNE D’ AUTRE ; il saura s’ occuper de KANAMBE et ses complices qui l’ ont humiliĂ© .



Nkomi Mbuta [nkomimbuta@gmail.com] 03/01/2017 11:58:21
Ah la naivetĂ© lĂ©gendaire des congolais ... Apparemment cet accord satisfait pas mal de monde par ici . Mais un serpent ça reste un serpent il lui arrive de changer plusieurs fois de peau durant sa vie mais sa nature reste la mĂȘme . Attendons nous Ă  voir ressurgir des "rebellions" made in Kigali Ă  l’ est du Congo et cette fois ça va durer plus de temps que l’ on s’imagine . juste ce qu ’il faut pour que les Ă©lections n’ aient pas lieu dans ce pays .VoilĂ  ce qui nous attend !



Nono [no2.bay@orange.fr] 03/01/2017 12:01:56
J’avoue ne pas toujours comprendre la pertinence de nombreux reproches que certains font aux prĂȘtres de la Cenco jusque parfois Ă  les rendre plus responsables que les politiciens eux-mĂȘmes d’autant que je doute que la population les y suive ! A leur place et avec leurs moyens sans c’est vrai oublier la bĂ©nĂ©diction et plus de la CI occidentale, ils ont pris en citoyens responsables l’option d’une mĂ©diation entre forces politiques et sociales adverses du pays pour tenter de trouver un compromis qui rĂ©sout la crise imposĂ©e par le pouvoir en refusant dĂ©libĂ©rĂ©ment de ne pas organiser les Ă©lections dans le temps et tout cela en prĂ©vision de son « glissement » ainsi imposĂ© au pays, lourd de gros risques


Cela pose bien sĂ»r la question du dialogue avec un pouvoir coupable mais ce pays aux institutions balbutiantes, un pouvoir toujours arbitraire et une culture et une pratique politiques qui favorisent les hommes (forts) plutĂŽt que des institutions (fortes) avait-il les moyens d’imposer le dĂ©part de son PR dont le mandat a expirĂ© le 19 dĂ©cembre passĂ© ? C’est plutĂŽt d’un rĂ©alisme responsable que la Cenco a choisi un consensus large par ce dialogue inclusif pour Ă©carter les risques d’une contestation meurtriĂšre d’oĂč de plus les tenants du changement n’avaient aucune garantie de l’emporter

La suite c’est la bonne application attendue de l’accord qui tient beaucoup Ă  l’attitude du pouvoir qui s’il a Ă©tĂ© acculĂ© Ă  accepter cet accord inclusif n’en garde pas moins la diabolique volontĂ© de semer ses obstacles mais c’est aussi la capacitĂ© de cette opposition d’ĂȘtre Ă  mĂȘme de gĂ©rer la Tansition Ă  la tĂȘte du gouvernement ! C’est bien plus difficile qu’il n’y parait surtout qu’elle doit cohabiter avec un ‘JK’ toujours PR et tout son camp


La Cenco a-t-elle un cadre pour continuer Ă  y exercer son magistĂšre Ă©thique et ses conseils politiques ? Je ne sais Ă  ce stade mais ce ne serait pas de trop

Au final, je pose ainsi la question Ă  ceux qui dĂ©sapprouvent l’option des prĂ©lats catholiques quelle solution rĂ©aliste de rechange proposent-ils ?



Pierre Okitundu [papapierreok@yahoo.ca] 03/01/2017 12:29:46
Le Rassemblement made in Genval (Royaume de Belgique) menĂ© par le lider maximo, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, avait rĂ©cusĂ© le Facilitateur Edem Kodjo et exigĂ© une mĂ©diation de l’ONU se fondant sur la fameuse RĂ©solution 2277. Curieusement, cette frange de l’Opposition radicale vient de participer Ă  des pourparlers initiĂ©s par le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Joseph Kabila, sous une facilitation exclusivement congolaise, en l’occurrence, les EvĂȘques catholiques. Pourquoi ce volte-face du Rassemblement ?

Ils ne font pas la politique mais ils font ce que j’appelle la « sorcellerie politique ». Je vous dis la vĂ©ritĂ© avec tristesse. Ils ne sont pas des politiciens. Le Rassemblement disait qu’il voulait le dialogue de Ban ki-Moon, de la communautĂ© internationale, conformĂ©ment Ă  la RĂ©solution 2277. Eux ils cherchent des postes depuis des annĂ©es, depuis l’époque de Mobutu. Cherchant Ă  malmener Kabila arrivĂ© fin mandat, ils sont en train de s’humilier eux-mĂȘmes. Maintenant, c’est Kabila qui pilote ce dialogue avec les « Ba Sango » (Ă©vĂȘques catholiques), mais qui sont ridicules ? N’est-ce pas le Rassemblement ? Qu’ils laissent la politique aux vrais politiciens.

Etienne Tshisekedi et son camp politique veulent arracher la Primature à Samy Badibanga, Chef du gouvernement issu de l’accord du 18 octobre 2016. Qu’en pense Gabriel Mokia ?

Ce que Kabila doit rester Chef de l’Etat, Tshisekedi doit prendre la Primature. Et les autres qui avaient dĂ©jĂ  pris la Primature ? VoilĂ  maintenant que je demeure le vrai opposant. Pourquoi maintenant les gens ont fait le contraire de ce qu’on se disait au sein de la Dynamique de l’Opposition ? Devenir des « lĂšche-bottes » de monsieur Kabila en cherchant le poste de Premier Ministre. Mais le PrĂ©sident Kabila son mandat est terminĂ© depuis le 19 dĂ©cembre 2016. Donc tous les violateurs de la Constitution vont dĂ©sormais se retrouver d’un mĂȘme cĂŽtĂ©. Joseph Kabila, au moins, va sortir la tĂȘte haute. Il va se dire : « VoilĂ  les gens qui parlent et qui parlent, maintenant ils sont comme des petits enfants. » Car c’est lui [le PrĂ©sident Kabila] qui va signer les ordonnances les nommant. Ah Vieux Tshisekedi ! Si le ridicule pouvait tuer
 [Rires]. Je suis en train de dĂ©noncer cette façon de se faire humilier. Vous les journalistes, vous ne trouvez pas que le Rassemblement est en train de dribbler tout le monde. Il y a eu beaucoup de morts pour rien ! VoilĂ  le vrai politicien est lĂ  : Gabriel Mokia. Il ne cherche pas l’argent.


 

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