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02 Janvier 2017

Cohabitation :

Le Rassemblement à l’épreuve du pouvoir !

 

Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président du Conseil des sages du "Rassemblement " lors du Conclave du 8 au 10 juin 2016 à Genval.

Les évêques catholiques sont en passe de gagner leur pari. Loin est désormais l’époque où ils quittaient la Cité de l’Union Africaine sous les huées des chefs des confessions religieuses proches du pouvoir kabiliste. En cause, l’absence d’inclusivité lors du dialogue « facilité » par l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo. Les « discussions directes », sous l’égide de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) entre des signataires et des non-signataires de l’accord politique du 18 octobre ont abouti, dans la soirée du 31 décembre, à la conclusion d’un «compromis politique». Signé tard dans la soirée, cet arrangement est censé organiser la cogestion du pays durant une période transitoire d’un an jusqu’à la tenue des élections. « Joseph Kabila » reste à la tête de l’Etat. L’exécutif national, lui, sera dirigé par une personnalité désignée par le « Rassemblement». Il en est de même du « Conseil national de transition ». Président du Conseil des sages de cette coalition politique née à Genval en juin dernier, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et ses camarades et alliés vont être confrontés à l’exercice du pouvoir. Ici, « parler moins et agir plus », devrait être la règle d’or. Autre règle d’or : la transparence. Il s’agit, pour le futur gouvernement de large union nationale, de dire ce qu’il fait et de faire ce qu’il dit. Le chemin à parcourir est encore long. Les pièges ne manqueront pas…

« Mieux vaut un mauvais accord qu’un bon bain de sang ». C’est la réflexion faite à l’auteur de ces lignes par un religieux joint au téléphone samedi soir à Kinshasa. Après un long suspens qui avait mis à bout les nerfs tant des Congolais que des diplomates étrangers, la fumée blanche a fini par s’élever, peu avant minuit, du Centre interdiocésain.

Béatitudes

Président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco), Mgr Marcel Utembi Tapa, semblait
dans un état de béatitude. Pour lui, cet accord n’est ni plus ni moins qu’un « cadeau de nouvel an que la classe politique a bien voulu offrir au peuple congolais pour une transition apaisée et l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques».

Pour lui, le document soumis à la signature du personnel politique est bel et bien une « émanation d’un consensus général » des signataires et non signataires de l’accord du 18 octobre 2016 de la Cité de l’Union africaine, « conformément au vœu émis par le président de la République, Joseph Kabila, en initiant ce deuxième round de débat politique ».

S’agissant du contenu, on retiendra pour l’essentiel : « Joseph Kabila » reste à la tête du pays jusqu’à l’installation de son successeur élu ; il ne briguera pas un troisième mandat ; l’élection présidentielle, les législatives et les provinciales seront tenues avant fin décembre 2017 ; aucune tentative de révision de la Constitution et de son changement ne sera consentie pendant la période pré-électorale et électorale.

Durant la période transitoire, l’exécutif national sera dirigé par un Premier ministre issu du «Rassemblement ». Un Conseil National de Suivi de l’Accord, composé de 28 membres, sera dirigé par le Président du Conseil des sages du Rassemblement, assisté de trois vice-présidents, d’un rapporteur et d’un questeur. La Commission électorale nationale indépendante sera « redynamisée » par le renforcement du contrôle de sa gestion technique et financière.

Dès mardi 3 janvier 2017, les parties doivent se retrouver pour élaborer un « arrangement particulier » pour régler quelques questions. C’est le cas notamment du calendrier de l’application de l’accord, de la composition de l’exécutif tant au niveau national que des vingt-six provinces du pays. Les évêques vont se charger de l’épineux dossier de « décrispation du climat politique ». Dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », Moïse Katumbi Chapwe qui vit en exil en Europe dit avoir « remis son cas » entre les mains des évêques. Les détenus Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo Kyassa, Moïse Moni Della seraient dans la même situation. Il faudra dorénavant ajouter Franck Diongo Shamba dont l’embastillement remonte à moins d’une semaine.

« Un accord non inclusif »

Le nonce apostolique à Kinshasa a accompagné les évêques de la Cenco tout au long des tractations. « L’accord ne sera pas la fin de tous les problèmes, il faut préparer les élections », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Mais on aura un cadre juridique qui n’existe pas en ce moment. La Constitution dit clairement que le président a fini son deuxième mandat. Quelle est la légalité de ce gouvernement s’il n’y a pas un consensus élargit ? »

Interrogé par RFI, le PPRD Emmanuel Ramazani Shadari qui est par ailleurs ministre de l’Intérieur a manifesté un enthousiasme modéré. Il a estimé que l’accord du Centre interdiocésain «n’a pas été inclusif ». Au motif que « beaucoup de gens » ne l’ont pas signé.

C’est le cas du MLC avec Eve Bazaïba Masudi et des personnalités telles que José Makila Sumanda et Jean-Lucien Bussa respectivement ministre des Transports et du Plan dans le gouvernement du Premier ministre Badibanga. La secrétaire générale du MLC suspecte le Rassemblement d’être juge et partie.

Pour le ministre Ramazani, la Cenco devrait approcher ceux qui se sont abstenus de signer. « C’est pour cette raison que nous, la majorité, avons signé cet accord avec réserve », a-t-il souligné.

"Président mal élu et réélu"

Lors de l’élection présidentielle de 2006, « Joseph Kabila » - qui avait esquivé un débat télévisé avec son challenger Jean-Pierre Bemba Gombo - a été « mal élu ». Dans un communiqué daté du 14 novembre 2006, la coalition politique « Union pour la Nation » (UN) avait accusé la Commission électorale indépendante d’abuser « de la bonne foi de Jean Pierre Bemba et de l’Union pour la Nation en utilisant l’accord AMP-UN, sur l’acceptation par les protagonistes des seuls résultats publiés par la CEI pour manipuler, à sa guise, les résultats du second tour (…) dans le but d’améliorer le score du candidat Joseph Kabila dont il est, pourtant de notoriété publique qu’il a été largement devancé par Jean Pierre Bemba Gombo dans six provinces sur 11 ». Il faut dire qu’à l’époque le Président sortant était le « chouchou » du monde occidental.

En 2011, « Joseph Kabila » a été « mal réélu » face à Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Les observateurs tant nationaux qu’internationaux ont dénoncé des graves cas d’irrégularités et de fraudes. La mission d’observation du Centre Carter avait eu ces mots : « L’organisation et la gestion chaotique des élections du 28 novembre 2011 par la Ceni ont engendré une crise de légitimité sans précédent dans l’histoire de la RDC. La recherche de solution à celle-ci impose aux acteurs congolais un franc dialogue et un réel consensus (…) ».

Passant outre ces recommandations, le 20 décembre 2011, « Joseph Kabila » organisa la cérémonie de son investiture. Un seul chef d’Etat était présent : le Zimbabwéen Robert Mugabe. Le 23 décembre, Etienne Tshisekedi wa Mulumba décida de prêter serment en tant que « Président élu ». C’est ici que la crise politique va se corser.

Accord-cadre d’Addis Abeba

Le 24 février 2013, onze pays (Afrique du Sud, Angola, Burundi, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie, Zambie) dont le Congo-Kinshasa signent à Addis Abeba le fameux « Accord cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la Région ».

L’Etat congolais s’est engagé notamment à « promouvoir la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation ». Il s’agit donc d’organiser un dialogue afin de recréer les sources de légitimité par la mise sur pied d’un gouvernement de transition. Le pouvoir kabiliste est resté indifférent tout en multipliant des artifices pour préparer l’opinion à l’hypothèse d’un troisième mandat pour « Joseph Kabila ».

En juin 2013, on assiste à la sortie de l’ouvrage « Entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation ». L’auteur n’est autre qu’Evariste Boshab, alors secrétaire général du parti présidentiel. Sa thèse est simple : « Toute Constitution est révisable ».

En mai 2015, « Joseph Kabila » chargea finalement son chef barbouze Kalev Mutondo d’aller sonder les principaux leaders politiques en vue de la tenue d’un dialogue. C’est l’échec !

Dans un entretien avec « Le Soir » de Bruxelles daté du 10 août 2015, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, alors ministre des Relations avec le Parlement, passe aux aveux : « (…) c’est ce dialogue qui devrait permettre de modifier la Constitution en faveur du suffrage indirect, il y a moyen de réaménager… ». En clair, "Kabila" rêve de faire réviser la Charte fondamentale afin d’instaurer l’élection présidentielle au suffrage universel indirect. "La démocratie nous coûte trop cher", déclarait l’intéressé lors d’une consultation avec des parlementaires.

Le 28 novembre de la même année, « Joseph Kabila » signa une ordonnance portant convocation d’un « dialogue politique national inclusif ». « Le dialogue porte principalement sur l’organisation d’un processus électoral apaisé, (…) et sur toutes les questions connexes au processus », lit-on.

Le 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle, statuant sur une requête en interprétation du deuxième alinéa de l’article 70 de la Constitution, a pris l’arrêt controversé autorisant le Président sortant à rester en fonction « jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ».

Ni gagnant, ni perdant

Après plusieurs réunions secrètes entre les kabilistes et des envoyés d’Etienne Tshisekedi, celui-ci décide de mettre fin à ces contacts. Le 10 juin 2016, une large coalition politique voit le jour à Genval, en Belgique francophone. Il s’agit du « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement ». « Prenons acte de la fin du deuxième et dernier mandat de Monsieur Joseph Kabila Kabange le 19 décembre 2016 à minuit et saluons son départ du pouvoir le 20 décembre 2016 à 0h00 », peut-on lire dans l’Acte d’engagements de ce groupement.

Qui a gagné ? Qui a perdu ? Force est de constater qu’entre "Joseph Kabila" et ses opposants, il n’y a ni gagnant, ni perdant. Certes, le Rassemblement est en passe de soumettre ce dernierà une sorte de cohabitation qui ne pourrait être qu’explosive. N’empêche. L’homme est toujours à la tête du pays. Il contrôle la force publique, les services et le Trésor public. Durant un an, beaucoup d’eau vont couler sous les ponts.

Dans son message de vœux de nouvel an, « Kabila » n’a pu s’empêcher de narguer ses adversaires tant politiques que ceux issus de la société civile en déclarant que ceux-ci « ont expérimenté les limites des dérives de la stratégie d’appel à la violence (…) ».

Conforté par les moyens de coercition sous son contrôle, il a lâché une phrase qui subodore qu’il rêve encore et toujours d’un troisième mandat via une révision constitutionnelle. « Seul notre peuple dans sa souveraineté devra demeurer la source du pouvoir dans notre pays par la voie des urnes conformément au prescrit constitutionnel ».

Il faut espérer que l’accord conclu le 31 décembre 2016 au Centre interdiocésain n’aura pas été un marché des dupes. Il faut espérer également que le Rassemblement profitera de sa participation au pouvoir pour démontrer la préfiguration de sa conception non seulement de la gouvernance politique mais aussi du Congo de demain.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

13 Réactions

Elombe [Odimba@hotmail.fr] 02/01/2017 05:35:22
Le défi pour Tshesekedi aujourd’hui, c’est de se sortir de la double cohabitation avec le deux "K",Kabila et Katumbi qui étaient il y a peu des alliés. Kabila, en restant à la tête de notre pays pour une année supplémentaire sera encore un adversaire redoutable. Disposant de tous les moyens régaliens de l’Etat, sa capacité de nuisance reste intacte. Pour ce qui est de l’affairiste Katumbi, accessoirement financièr du rassemblement, ses ambitions sont connues; il veut prendre la place de son ancien mentor Kabila, le problème est que Tshisekedi malgré son âge nourrit la même ambition, alors on aimerait voir comment L’UDPS va résoudre cette équation à plusieurs inconnus. De mon point de vue, Tshisekedi et son parti se sont enfermés dans une situation inextricable qui a consisté à vouloir chasser un dictateur tout en sauvent un adversaire potentiel. Cette quadrature du cercle va créer une ambiance irrespirable durant toute cette année. Les cadres de l’UDPS doivent faire attention si non leur champion affaibli par l’âge et la maladie risque de leur faire tout perdre alors qu’il sont dans l’antichambre du pouvoir. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Qui vivra verra.



assambala [alnoch@hotmail.com] 02/01/2017 09:44:41
Nous n’arrivons pas à comprendre l’activisme de François Mwamba dans la délégation du Rassemblement au dialogue.
A notre connaissance,il était déjà membre de la MP?
Le Rassemblement serait-il donc devenu une blanchisserie?
Prière nous éclairer BAW.



Belewono [belewono@yahoo.co.uk] 02/01/2017 09:46:47
Si les opposants et la societé civile ont expérimenté les limites des dérives de la stratégie d’appel à la violence (…), kabila a experimenté les limites des tueries d’un peuple sans armes, ainsi que de la corruption et de l’achat des mercenaires. Il ne saura soumetre les Congolais à la dictature nouvelle sans qu’il soit neutralisé de l’interne par une resistance pacifique "désobéissance civile" et de l’exterieur par la confiscation des représentations du Congo et des ses avoir en occident. Pourquoi refuse-t-il le retour de Katumbi s’il n’a pas eut très mal? Nous le tenons avec son entourage à l’oeil. On lui a accordé 1 an pour plier et évacuer ces mercenaires dans le calme. S’il juge pas nécèssaire de vivre au Congo après Décembre 2017, qu’il transporte ses bétails ailleurs et vende ces immobiliers pour s’en aller en paix. Mijoter mettre le feu à la case Congo ne lui sera plus possible et lui et son entourage risquent d’être calcinés avant que le Congo consume. Demeurons vigilants chers compatriotes. Vive le Congo, Vive les Congolais.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 02/01/2017 11:28:36
Drôle de cadeau de Nouvel an que celui fait par les évêques au peuple congolais. Comme le veut la formule, mieux vaut un mauvais accord que pas d’accord du tout. Oui, mais, à quoi sert un ‘’mauvais accord’’ s’il ne règle pas les problèmes? En fait, le message cardinal qu’on nous passe ici est le suivant : la constitution ne sert à rien. C’est un chiffon, qu’on utilise selon les besoins. En vérité, on peut diriger un pays avec des ‘’accords’’. Nous sommes au Congo où les gens marchent sur la tête. Nous allons nous en contenter. Obligés, faute de mieux.

Quant au ‘’Rassemblement’’, le défi majeur va consister à essayer de donner une signification à ce proto-état qu’est le Congo. Réparer ce qui peut l’être, réinventer des mécanismes qui allègent la misère du peuple et organiser les élections ‘’avant la fin de l’année 2017’’. J’espère que les évêques ont en tête un chronogramme précis. Sinon, c’est juste une farce.

Pour cette période de ‘’transition’’, dans le sens d’un Congo post-rwandais, il n’est point besoin d’un gouvernement éléphantesque. Une équipe expérimentée et compétente de moins de trente ministres serait suffisante. Tout le monde ne doit pas être ministre.

L’action politique efficace exige : un diagnostic clair ; une vision collective de l’avenir ; un programme stratégique de mesures ; un plan d’exécution.

AUX ACTES DIRIGEANTS !



chryso [chryso45@hotmail.com] 02/01/2017 12:52:45
Ignorant la pertinence ou refusant de reconnaitre entre autres l’exception implicite creee par l’article 70 alinea 2 qui elimine tout aspect imperatif dans l’organisation d’une “election” presidentielle dans le delai “constitutionnel”, le professeur Andre Mbata aurait-il commis l’imprudence non seulement de s’attaquer a la personne de Didier Maus en denigrant ses merites academiques ou en remettant en cause ses competences juridiques, mais aussi en precisant - afin d’apppuyer son argumentation - que ce dernier avait ete, selon lui, recruited comme lobbyst pour l’interet du pouvoir en place a Kinshasa? Mais que dirait-il alors de la Cenco ainsi que de tous les signataires de ce document produit par elle et qui reprend explicitement l’article 70 alinea 2 et implicitement l’article 75 de cette charte du pouvoir d’occupation reconnue a tort comme la “Constitution” de la “Republique democratique” du Congo et qui permet le “glissement “?
Par consequent, cet eminent juriste qu’est le professeur Andre Mbata ne doit-il pas alors reconnaitre l’erreur de son jugement au sujet de l’interpretation de l’article 70 alinea 2 et meme celle de l’article 75 sur la vacance et s’excuser aupres de Didier Maus?



François NZITANU [fambonga1@outlook.fr] 02/01/2017 16:49:51
L’importance de cet accord est d’avoir mit fin aux dérives non seulement dictatoriale et surtout du désordres. En réalité ces trois dernières années la RDC n’était pas gouvernée. Toutes les Institutions du pays étaient tétanisées naviguant selon l’humeur et la respiration de l’Institution Présidence de la République. Pour avoir ignoré la Constitution du pays, la MP a fait de la RDC un lieu dit. Pendant environ trois ans la RDC n’était ni une Nation encore moins un Etat.
Le mérite de la CENCO est d’avoir stoppé ce dérive. Cependant, tout reste à faire. En effet, beaucoup des choses sont à éclaircir dans cet accord; Notamment les relations entre un président de la république hors mandat, car n’ayant plus ni légalité, ni légitimité; et le Premier Ministre issue du compris politique. C’est en effet, là que nous apprécierons la capacité du Rassemblement de conduire la RDC. Car mine de rien la tâche la plus ardue qui attend le future Premier Ministre est de ramener le fonctionnement des Institutions de la RDC aux normes démocratiques conformes à la Constitution.
Ne nous leurrons pas, durant un décennie le régime Kabila a tellement massacré la constitution qu’il y a eu inversion des valeurs. Si bien que nous vivons aujourd’hui dans un pays où les voleurs, les assassins et les violeurs ont plus des droits que des hommes honnêtes. Pour ceux qui ne le savent pas, sachez que la RDC notre pays est aujourd’hui considéré comme un repaire des malfrats de tous ordres au monde. Raison pour laquelle nous exhortons le Rassemblement de désigner à la Primature un homme de poigne, un homme avec des convictions biens tranchées. Un homme des principes qui sait d’où nous venons et où nous allons.



Celestin Muzuri [celemuz@yahoo.fr] 02/01/2017 17:23:46
Merci cher BAW pour votre sommaire qui nous eclaircit sur cet Accord enfin en place entre la MP et le RASSOP. Comme le dit bien Msgr. Utembi, mieux vaut un Accord imparfait qu’un bain de sang.

Merci aussi pour vos exhortations au Rassemblement afin qu’il puisse exercer le pourvoir de Transition avec responsabilite et non pas comme tremplin vers un enrichissement rapide dans un Pays appauvri par 15 ans de Kleptocracie.

Nous suggerons aussi a Felix Tshisekedi d’etre plus realiste et humble dans ses pretentions vu ses "limites" evidentes. Il pourrait servir comme un des vice-1er Ministres ou Ministre d’Etat; mais non pas comme 1er Ministre.

Nous sommes aussi d’accord avec notre compatriote Jo Bongos qui suggere un Gouvernement de Transition tres restreint de 30 (nous dirions meme pas plus de 50) membres, et non pas le monstre budgetivore de Samy Badibanga.

Quant a ceux comme les Bussa, Makila, et Badibanga, et le PPRD Shadari Ramazani, qui n’ont pas voulu apposer leur signature a ce compromis, on les comprend: Ils siegent au sein du pseudo-gouvernement d’union-bidon. Il est donc dur d’arracher un morceau d’os des machoires d’un "chien crevant".

Enfin en guise de reponse a Assambala ci-dessus qui continue dans sa logique d’exclusion en se demandant comment Francois Mwamba se retrouverait parmi les negociateurs du RASSP, que Assambala pose cette meme question a Pierre Lumbi, ou a Olivier Kamitatu, ou a Christophe Lutundula, tous ex-cadres de la MP, aujourd’hui au RASSOP, qui ont brillament defendu la cause de cette grande Coalition de la vraie Opposition aux assises de la CENCO.
A Assumbala: Mieux vaut se taire quand on a rien a contribuer au debat.



Christian [christian@yahoo.fr] 02/01/2017 19:33:18
Je parie que les kabilstes sont en ce moment dans la préparation du plan C, celui de laisser pourrir les tenants et les aboutissants de cet accord, et proroger le mandat de monsieur mille identités encore et encore, jusqu’à lui octroyer un mandat de 5 ans sans élection.
Une chose parait certaine, "kabila" est atteint et diminué; il n’a plus les mêmes pouvoirs de vie et de morts qui lui permettait de massacrer les congolais.
Ses méthodes barbares comme à l’époque de Viking, on l’a vu dernièrement lorsqu’il a fait tabasser le député Frank Diongo, certains témoins du lynchage ont vu son propre frère Zoé à la résidence du député pour s’assurer que l’homme était réellement battu jusqu’à mort. Zoé aurait lancé à Frank Diongo en Anglais: You have to laugh a lot, we will break your mouth and you will understand now that Congo belongs to us (Vous avez beaucoup rigolé, on va vous casser la gueule et vous comprendrez maintenant que le Congo nous appartient)!
Voilà le Congo des "kabilas" aujourd’hui, demain nous devrions les poursuivre en justice pour tous les crimes commis depuis plus de 15 ans. Ces voyous sortis de nulle part, ont mis le pays par terre, le Rassemblement a du travail pour redorer le blason.



Elili [dibangu@hotmail.com] 03/01/2017 06:14:52
Chers Compatriotes,
Le rassemblement a perdu dans les négociations. Le Raïs est resté en place, et le rassemblement a la primature. Je dois me tromper si je dis que le rassemblement va parler d’un seul langage, et avoir une stratégie. Jusque là le Raïs n’a pas dit s’il va se présenter aux élections ou pas. Il dit qu’il va seulement respecter la constitution. Et sa manière de suivre la constitution c’est en donner une interprétation qui va dans le sens de ses aspirations. Quand je parle du Raïs, je ne parle pas uniquement du Fils de Kanambe, mais de toute son équipe, en commençant par "Lambert Mende"(descendant de Ngongo Lutete, collaborateur de Tipo Tipo: esclavagistes). N’oublions pas l’histoire. Le rassemblement s’est en lisé dans les réclamations insensées de libération des prisonniers politiques, ce qui n’était pas la cause de la crise. Ici, le rassemblement récupère une situation au profit de ces prisonniers qui sortiraient automatiquement de ces prisons, si le rassemblement avait réussi que le Raïs n’assure pas la transition et qu’il y ait une commission de transition et que le Raïs soit en attente de faire la remise reprise avec le prochain chef d’Etat qui serait issu des élections. Il faudra aussi reconstituer la CENI qui devrait être constituer d’experts indépendants, et même d’observateurs étrangers qui seront invités à participer à de différentes opérations sensibles organisées par cet organe. Le rassemblement ne se trompera pas, je suppose, de nommer Kamerhe comme premier ministre, ni Katumbi, ni les transfuges du MLC. A mon avis, l’accord qui a été signé est un accord qui n’a rien sauvé, sinon donné un crédit supplémentaire au Raïs qui va en tirer profit du moment qu’il garde son armée personnellement et ses services gagnés à sa cause. Je pressens que le martyr du peuple va encore continuer et qu’il lui faudra du courage.



Kimpwanza Dia Kongo [kimpwanzadiakongo@yahoo.fr] 03/01/2017 11:48:51
NOUS VOULONS DIOMI NDONGALA A LA PRIMATURE ET PERSONNE D’ AUTRE ; il saura s’ occuper de KANAMBE et ses complices qui l’ ont humilié .



Nkomi Mbuta [nkomimbuta@gmail.com] 03/01/2017 11:58:21
Ah la naiveté légendaire des congolais ... Apparemment cet accord satisfait pas mal de monde par ici . Mais un serpent ça reste un serpent il lui arrive de changer plusieurs fois de peau durant sa vie mais sa nature reste la même . Attendons nous à voir ressurgir des "rebellions" made in Kigali à l’ est du Congo et cette fois ça va durer plus de temps que l’ on s’imagine . juste ce qu ’il faut pour que les élections n’ aient pas lieu dans ce pays .Voilà ce qui nous attend !



Nono [no2.bay@orange.fr] 03/01/2017 12:01:56
J’avoue ne pas toujours comprendre la pertinence de nombreux reproches que certains font aux prêtres de la Cenco jusque parfois à les rendre plus responsables que les politiciens eux-mêmes d’autant que je doute que la population les y suive ! A leur place et avec leurs moyens sans c’est vrai oublier la bénédiction et plus de la CI occidentale, ils ont pris en citoyens responsables l’option d’une médiation entre forces politiques et sociales adverses du pays pour tenter de trouver un compromis qui résout la crise imposée par le pouvoir en refusant délibérément de ne pas organiser les élections dans le temps et tout cela en prévision de son « glissement » ainsi imposé au pays, lourd de gros risques…

Cela pose bien sûr la question du dialogue avec un pouvoir coupable mais ce pays aux institutions balbutiantes, un pouvoir toujours arbitraire et une culture et une pratique politiques qui favorisent les hommes (forts) plutôt que des institutions (fortes) avait-il les moyens d’imposer le départ de son PR dont le mandat a expiré le 19 décembre passé ? C’est plutôt d’un réalisme responsable que la Cenco a choisi un consensus large par ce dialogue inclusif pour écarter les risques d’une contestation meurtrière d’où de plus les tenants du changement n’avaient aucune garantie de l’emporter…
La suite c’est la bonne application attendue de l’accord qui tient beaucoup à l’attitude du pouvoir qui s’il a été acculé à accepter cet accord inclusif n’en garde pas moins la diabolique volonté de semer ses obstacles mais c’est aussi la capacité de cette opposition d’être à même de gérer la Tansition à la tête du gouvernement ! C’est bien plus difficile qu’il n’y parait surtout qu’elle doit cohabiter avec un ‘JK’ toujours PR et tout son camp…

La Cenco a-t-elle un cadre pour continuer à y exercer son magistère éthique et ses conseils politiques ? Je ne sais à ce stade mais ce ne serait pas de trop…
Au final, je pose ainsi la question à ceux qui désapprouvent l’option des prélats catholiques quelle solution réaliste de rechange proposent-ils ?



Pierre Okitundu [papapierreok@yahoo.ca] 03/01/2017 12:29:46
Le Rassemblement made in Genval (Royaume de Belgique) mené par le lider maximo, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, avait récusé le Facilitateur Edem Kodjo et exigé une médiation de l’ONU se fondant sur la fameuse Résolution 2277. Curieusement, cette frange de l’Opposition radicale vient de participer à des pourparlers initiés par le Président de la République, Joseph Kabila, sous une facilitation exclusivement congolaise, en l’occurrence, les Evêques catholiques. Pourquoi ce volte-face du Rassemblement ?

Ils ne font pas la politique mais ils font ce que j’appelle la « sorcellerie politique ». Je vous dis la vérité avec tristesse. Ils ne sont pas des politiciens. Le Rassemblement disait qu’il voulait le dialogue de Ban ki-Moon, de la communauté internationale, conformément à la Résolution 2277. Eux ils cherchent des postes depuis des années, depuis l’époque de Mobutu. Cherchant à malmener Kabila arrivé fin mandat, ils sont en train de s’humilier eux-mêmes. Maintenant, c’est Kabila qui pilote ce dialogue avec les « Ba Sango » (évêques catholiques), mais qui sont ridicules ? N’est-ce pas le Rassemblement ? Qu’ils laissent la politique aux vrais politiciens.

Etienne Tshisekedi et son camp politique veulent arracher la Primature à Samy Badibanga, Chef du gouvernement issu de l’accord du 18 octobre 2016. Qu’en pense Gabriel Mokia ?

Ce que Kabila doit rester Chef de l’Etat, Tshisekedi doit prendre la Primature. Et les autres qui avaient déjà pris la Primature ? Voilà maintenant que je demeure le vrai opposant. Pourquoi maintenant les gens ont fait le contraire de ce qu’on se disait au sein de la Dynamique de l’Opposition ? Devenir des « lèche-bottes » de monsieur Kabila en cherchant le poste de Premier Ministre. Mais le Président Kabila son mandat est terminé depuis le 19 décembre 2016. Donc tous les violateurs de la Constitution vont désormais se retrouver d’un même côté. Joseph Kabila, au moins, va sortir la tête haute. Il va se dire : « Voilà les gens qui parlent et qui parlent, maintenant ils sont comme des petits enfants. » Car c’est lui [le Président Kabila] qui va signer les ordonnances les nommant. Ah Vieux Tshisekedi ! Si le ridicule pouvait tuer… [Rires]. Je suis en train de dénoncer cette façon de se faire humilier. Vous les journalistes, vous ne trouvez pas que le Rassemblement est en train de dribbler tout le monde. Il y a eu beaucoup de morts pour rien ! Voilà le vrai politicien est là : Gabriel Mokia. Il ne cherche pas l’argent.


 

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