AccueilCharteQui sommes-nous?RédactionAidez votre journal
25 Décembre 2016

« Joseph Kabila » sur les traces de Mzee ?

 

Un portrait de "Joseph Kabila" en feu lors d’une manifestation à Kinshasa

Le 16 janvier 2017, les kabilistes vont commémorer le 16ème anniversaire de la mort non-élucidée, à ce jour, du président LD Kabila. Le 16 janvier 2001, le Mzee a été « tué » dans son bureau au Palais de marbre à Kinshasa. Selon la version officielle, l’assassin présumé serait un de ses gardes du corps nommé Rachidi Kasekera. Celui-ci a été abattu, à son tour, par le colonel Eddy Kapend, alors aide de camp du chef de l’Etat.

Une version officieuse met en doute la thèse de l’assassinat. Au motif que le corps du défunt présentait des impacts de balles sans que ceux-ci entrainent un bain de sang alors que la victime avait l’aorte sectionnée. Conclusion : le décès serait antérieur aux coups de feu.

Le climat orageux qui prévaut actuellement au Congo-Kinshasa n’est pas sans rappeler l’ambiance délétère qui a précédé la disparition de Mzee au cours de la seconde moitié de l’année 2000. LD Kabila a été présenté comme un "obstacle à la paix". "Joseph Kabila" devient plus que jamais une menace pour paix, la sécurité et la stabilité au Congo-Kinshasa.

Dérive dictatoriale. Porté au pouvoir le 17 mai 1997 par les armées régulières notamment de l’Ouganda et du Rwanda, le Mzee avait suscité un espoir de renouveau de très courte durée avant de se muer en despote : suspension du processus de démocratisation, interdiction des partis politiques, arrestations arbitraires, exécutions extrajudiciaires, fermetures des médias privés, spoliation etc. Sans omettre, le clientélisme.

Début août 1998, LD Kabila rompt la « coopération militaire » avec Kampala et Kigali plongeant le pays dans une nouvelle guerre dite « d’agression » par opposition à la « guerre de libération ». Une nouvelle « rébellion congolaise » a vu le jour dans la capitale rwandaise. Il s’agit du « Rassemblement congolais pour la démocratie » (RCD).

Soutenu par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, LD Kabila tenait à tout prix à « ramener la guerre d’où elle était venue ». Un moment donné la guerre est devenue trop chère pour ses alliés.

Isolément diplomatique. Dès son arrivée au pouvoir, LD Kabila a été invité par la Maison Blanche à organiser des « élections rapides ». Le ministre belge des Affaires étrangères de l’époque, Erik Derycke l’exhortera à former un « gouvernement consensuel ». Dans les deux cas, la réponse fut un « Niet » retentissant. Les relations avec les instances financières internationales furent tout aussi conflictuelles. La politique économique du nouveau régime est jugée « illisible ». Le chef de l’Etat est gratifié de l’épithète « imprévisible».

Dans la liste des griefs, il est reproché au Mzee d’avoir empêché la conduite des enquêtes initiées par le Conseil de sécurité sur les fosses communes qui contiendraient des Hutus occis par les troupes de l’AFDL. Le chef de l’Etat congolais va, par ailleurs, s’opposer à la désignation de l’ancien président botswanais Ketumile Masire comme facilitateur de la crise congolaise.

Après la signature de l’Accord de paix de Lusaka en juillet 1999, l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie ont « encouragé » leur allié congolais à jouer la carte du dialogue pour parvenir à une paix durable. Refus. Les Namibiens ont été les premiers à plier bagage. Le soutien des Angolais et des Zimbabwéens à LD Kabila aura de plus en plus le relief de la corde qui soutient le pendu.

Consultations nationales.Du 24 février au 11 mars 2000, les chefs des confessions religieuses ont organisé à Kinshasa une « consultation nationale ». But : restaurer une paix durable. La rencontre a été boycottée par la grande majorité des leaders de l’opposition.

Dans leur diagnostic, les différents intervenants ont épinglé les griefs suivant comme étant les causes de la crise. A savoir : arrêt du processus de démocratisation, intolérance politique, arbitraire, concentration de pouvoirs, arrestations des journalistes, des leaders politiques et des militants des droits humains, fermeture des médias privés, manque de dialogue etc. Ces consultations n’étaient qu’une opération de communication initiée par des religieux dont un certain Pasteur Daniel Mulunda Ngoy et l’évêque Marini Bodho.

LD Kabila lâché par ses alliés. Après le rapatriement des soldats namibiens et la tiédeur de ses alliés, le Mzee a fait appel à des mercenaires européens pour « jeter » des bombes artisanales au grand marché à Goma. En août 2000, un officiel angolais n’est pas allé par quatre chemins en qualifiant le chef d’Etat congolais d’« obstacle au processus de paix ». Pour cause, il a fait capoter les négociations prévues par la « communauté internationale.

Investiture d’un nouveau Président US. Le président LD Kabila est décédé le 16 janvier 2001 soit quatre jours avant l’investiture de George W. Bush. Le 26 janvier de la même année, « W » a été premier dirigeant étranger à féliciter « Joseph Kabila » lui donnant du « Mister President ».

Quid de « Joseph Kabila » ? Lors de la promulgation de la Constitution congolaise, le 18 février 2006, le successeur de Mzee adopta la posture d’un réformateur en annonçant « la fin de la recréation » qui a pu régner sous le « régime 1+4 ».

Après son investiture le 9 décembre 2006, le président « élu » jeta le masque en révélant sa face véritable de prédateur des droits et libertés. Dérive dictatoriale, mépris de la vie et de la dignité de la personne humaine, intolérance politique, arrestations arbitraires, exécutions extrajudiciaires, intimidation et népotisme sont devenus les piliers du régime.

«Joseph Kabila » fait face à un isolément diplomatique sans précédent. En cause, les violations des droits humains mais aussi les tentatives pour briguer un troisième mandat en violation du prescrit constitutionnel. Il n’est pas sûr que les « discussions directes » organisées au Centre interdiocésain apportent l’apaisement espéré. L’homme n’a jamais honoré sa parole. Est-ce pour cette raison que l’Angola a retiré ses troupes présentes au Congo-Kinshasa ?

Au total, le Mzee et «Joseph Kabila» ont eu tort d’avoir passé, par pertes et profits, l’Histoire immédiate du Congo-Zaïre. Ils auraient appris qu’à l’occasion du « débat national » organisé par Mobutu Sese Seko de janvier à avril 1990, les Zaïro-Congolais ont rejeté l’unanimisme, l’autocratie et le favoritisme.

Ils auraient appris également que lors des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS), les Zaïrois d’alors avaient clamé leur attachement à la démocratie ainsi qu’au respect des droits humains.

Ila auraient appris enfin que le peuple zaïro-congolais a pris goût à la démocratie. Il n’y a pas de démocratie sans débat ni controverse. Il n’y a pas de démocratie sans un droit de résistance à l’oppression. « Le peuple a le droit sacré de désobéir et de résister à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir ou s’y maintient par la force ou l’exercice en violation de la Constitution », énonce l’article 7 du projet de Constitution élaboré lors des travaux de la CNS. L’article 64 de la Constitution en vigueur n’a rien inventé…

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

3 Réactions

Lidjo [lidjoma@gmail.com] 26/12/2016 10:16:00
Le ministre de la communication Lambert Mende affirme qu’à sa connaissance qu’il n’existe pas de troupes angolaises en Rdc.



jacques SAIDI-KAMULETA [skamuleta@hotmail.com] 26/12/2016 12:27:53
Bonjour cher Baudouin et Joyeux Noel ! Merci pour cette analyse qui nous rappelle comment l’ivrogne Laurent Kabila nous avait apporté des sérieux problèmes avec son conglomérat d’aventuriers.
« Joseph Kabila » est en train de jouer avec du Feu.
Les multiples interventions du ministre français des affaires étrangères ne sont pas à prendre à la légère par ces bandits qui dirigent notre pays. Ce monsieur (l’ambassadeur) n’est pas un enfant de chœur. Quand il parle c’est pour exécuter.
Un peu d’histoire sur cet homme : il a été ambassadeur en république Centre Africaine et en Côte d’Ivoire. Dans ce deux pays il n’avait pas hésité à procéder par un coup de force contre Laurent Gbagbo le président légal et légitime au bénéfice du poulain de la communauté internationale comme si l’autre partie était la communauté locale.
À sa nomination comme ambassadeur en Côte d’Ivoire en 2010, un collègue Centre Africain (ONUCI) me dira ceci : « ce monsieur est très dangereux. Dans tout pays où il est envoyé comme ambassadeur, c’est pour un objectif. Perpétrer un coup de force ». Il ne s’était pas passé 6 mois, et on avait les résultats. En Centre Afrique c’était pareil avec si je ne me trompe contre Ange Felix Patassé.
Ces Kabilistes le connaissent moins.
Dernièrement, la France en convoyé ces troupes de la mission des Nations Unies en Centre Afrique pour soit disant renforcer la mission des Nations Unies à Kinshasa. Ils ont une mission.
Eduardo n’a pas retiré ses tueurs à gaz de Kinshasa de bon gré. Il a beaucoup d’intérêts (pétrole) chez nous. Cela lui fait beaucoup de magot. Il a été obligé de se retirer pour affaiblir ce fainéant. Ils savent (la communauté internationale), que les tueurs de nos frères ce sont des mercenaires.
Souvenez-vous du coup d’état contre le Pr Lissouba par Sassou qui l’avait déclenché en plein Brazzaville. Dans l’histoire, personnellement je ne connais pas un pays où un coup d’état avait commencé dans la capitale et réussir allègrement.
La force du dictateur Congolais était venue des mercenaires anglais que Jacques Chirac avait demandé à l’autre despote d’Angola d’envoyer ces chiens de garde pour détrôner Lissouba.
«Kabila » avec ses ouailles doivent faire beaucoup attention.



Christian [christian@yahoo.fr] 27/12/2016 17:21:44
Cher BAW,
la RD Congo est dirigée par un président FOU!
Je ne suis pas certain, qu’il se rend compte là où il amène le pays.
"kabila" le président fou d’Afrique, n’a pas encore dit son dernier mot. Comme tout fou, cet OVNI a roulé le Rassemblement, il a une année pour continuer à faire sa folie, merci les dégâts.


 

Tous droits réservés © Congoindépendant 2003-2017                   mkz@congoindependant.com  Tél : +32 475 22 90 65.